Cinema

Une histoire d’amour entre 2 « big men » : Heavy girls

Une histoire d’amour entre 2 « big men » : Heavy girls

20 avril 2013 | PAR Marie Boëda


Heavy Girls d’Axel Ranisch, qui a déjà reçu 12 prix, évoque d’une manière peu banale l’homosexualité et la maladie d’Alzheimer. Une histoire émouvante illustrée de scènes complètement saugrenues, parfois trop… En salles le 29 mai.

Trois protagonistes : une femme atteinte de la maladie d’Alzheimer, son fils, Sven, banquier et un aide soignant, Daniel, qui s’occupe de la vieille femme dans la journée. Sven et Daniel vont tomber amoureux et se rapprochent de plus en plus lorsque la mère meurt. Ce n’est certainement pas un petit film « mignon », avec de jolis acteurs maquillés et sans défaut, bien au contraire ! Même si on ne peut s’empêcher de s’attendrir sur Edeltraut, la mère, qui est en fait la grand-mère du réalisateur et qui a commencé sa carrière de comédienne à 85 ans ! Touchante dans son rôle, elle oscille entre retour à l’enfance et folie passagère et constitue le point de départ de l’amour qui va naître entre les deux hommes. Le film commence sur les ravages de la maladie, Edeltraut ne reconnaît pas son fils et ne cesse de répéter à l’aide soignant : « C’est qui? »…

Le résultat du film peut laisser quelque peu pantois mais il faut reconnaître à Axel Ranish qu’il a confectionné un film bien ficelé avec un budget qui se résume à 517,32 € : « J’ai exploité mes comédiens, j’ai exploité ma propre grand-mère, j’ai exploité mes amis, et je me suis moi-même exploité ». Ils n’avaient aucun matériel, sans lumière pour ce film mais ils avaient du temps. Ce qui donne de nombreuses scènes d’improvisations, assez loufoques pour la plupart. Les acteurs sont soit trop vieux, soit trop gros… On ne voit qu’eux dans le film et pourtant, on ne se lasse pas de les regarder. Des physiques atypiques aux accents bons vivants, le nombre de scènes dans lesquelles on peut admirer la « bedaine » des deux jeunes amoureux ne se compte plus ! Entre gros plans et accrochages qui virent au catch faisant claquer la chair de nos deux hommes en mal d’amour.

Le rendu des prises de vue fait penser à une caméra d’amateur, une tache sur l’objectif accentue le phénomène. Les images sans pudeur nous immiscent dans l’intimité des personnages, suivant les scènes on a plus ou moins l’impression d’espionner Sven et Daniel dans des positions parfois peu flatteuses, doit-on évoquer l’état de transe dans lequel Sven se met lorsqu’il écoute le boléro de Ravel?

Film anti-Cannes, « Heavy girls » a reçu le prix des étudiants du festival Grolandais. Sa multitude de scènes totalement absurdes arrivent à aborder des thèmes actuels notamment celui de l’enfant face à l’homosexualité d’un de ses parents. Un film qui ne cherche en aucun cas à rentrer dans le cadre institutionnel.

« Heavy girls« , d’Axel Ranisch avec Ruth Bickelhaupt, Heiko Pinkowski, Peter Trabner, Allemagne, 2011, 1h16. Sortie le 29 mai 2013

Visuels (c) : affiche du film,http://www.dickemaedchen.com/fotos_engl.html.

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Marie Boëda

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