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« La Toilette : naissance de l’intime » au musée Marmottan : passionnant !

« La Toilette : naissance de l’intime » au musée Marmottan : passionnant !

11 février 2015 | PAR Géraldine Bretault

Après avoir dûment célébré ses quatre-vingts ans en 2014, autour des collections privées, puis du tableau Impression, soleil levantle musée Marmottan traite un thème transversal ambitieux : l’histoire de la toilette de la Renaissance à aujourd’hui, et son corollaire, la naissance de l’intimité.

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Non, le Musée Marmottan n’est pas que « le musée des impressionnistes », et il le démontre avec superbe, dans cette exposition conçue comme un boudoir feutré aux couleurs sourdes. Il faut dire que les commissaires, l’historien Georges Vigarello et l’historienne de l’art Nadeije Laneyrie-Dagen, ont fait du corps et de sa représentation à travers les époques leur sujet d’élection depuis des années.

Le résultat est une déambulation enchanteresse, qui nous conduit du bain aristocrate de la Renaissance, véritable parade amoureuse, au tub de Degas, puis aux publicités contemporaines, en passant par la toilette sociale – toilette sèche, sans ablutions – et l’apparition du mobilier de toilette – bourdalou et autres pots de chambre, miroirs portatifs puis à psyché.

Une exposition passionnante par la variété des supports, d’une part, entre gravure, tapisserie, peintures à l’huile, pastels, ouvrages imprimés, sculpture, mais aussi par son didactisme érudit et accessible. Le parcours est limpide, et le choix des œuvres, excellent. Les questions du regard, de la réception des œuvres, des formats choisis, des contingences historiques, sont pleinement traités, sans que l’intérêt ne faiblisse, jusqu’à l’époque contemporaine.

Les cartels développés aideront le spectateur à se familiariser avec des œuvres qui sont souvent des mises en scène, où chaque objet compte, et où il faut prendre le temps d’observer ce qui est soustrait à la vue, et de déchiffrer le jeu des regards. Sans oublier les autres sens, parmi les effluves des parfums et les odeurs corporelles, les cheveux que l’on tire où que l’on brosse, la peau caressée à même la toile par les pastels de Degas…

À lire sur le sujet, l’essai historique de Georges Vigarello : Le propre et le sale, l’hygiène du corps depuis le Moyen Âge, 1985.

 

Visuels : © RMN, Cluny / Franck Raux

© Musée de la Société Archéologique, Montpellier, France / Giraudon / Bridgeman Images
© Tours, musée des Beaux-Arts
© akg-images
© Musée cantonal des Beaux-arts de Lausanne
© collezione della Fondazione Cariverona, Italy
© Bettina Rheims – copyright Studio Bettina Rheims

 

Infos pratiques

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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