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Jeu vidéo l’expo à la Cité des Sciences et de l’Industrie

Jeu vidéo l’expo à la Cité des Sciences et de l’Industrie

23 octobre 2013 | PAR Sandra Bernard

 

 

 

 

Les vacances de la Toussaint commencent bien avec une nouvelle exposition sur les jeux vidéo à la Cité des sciences et de l’industrie. Les jeux vidéos sont toujours plus présents dans notre quotidien, aussi, leur développement pose de plus en plus de questionnements. Après Muséogame : une histoire à rejouer qui s’était tenue au CNAM en 2010, l’exposition Game Story du petit Palais (10 Novembre 2011 – 09 Janvier 2012) et l’exposition Play Again à Tourcoing, axées rétro gaming, cette exposition, sobrement intitulée Jeu vidéo L’EXPO : Tous joueurs, toutes joueuses, se penche sur la gamification de la société.

Créée à la demande du précèdent ministre de la Culture et de la Communication, cette exposition a demandé un an et demi de travail en partenariat avec de nombreux acteurs de la création vidéoludique. Elle a pour vocation non seulement d’initier les «non-joueurs» au plaisir que procurent les jeux vidéo, mais aussi de proposer une expérience de jeu inédite aux visiteurs les plus expérimentés : autrement dit un exhibitionplay encore jamais vu ailleurs!

En effet, de nombreuses idées reçues circulent encore sur ce loisir, quand bien même presque tout le monde a déjà pratiqué le jeu vidéo sous une forme ou sous une autre, des plus abouties sur console ou PC aux plus classiques mais addictifs sur smartphone. Des consoles de salon aux bornes d’arcade en passant par les jeux sur PC ou sur smartphones, les 1000 m² de cet espace invitent à une immersion dans l’univers vidéoludique de ce média plus que cinquantenaire.

C’est en toute liberté que le visiteur construit son propre parcours dans Jeu vidéo l’expo, sans forcément suivre un itinéraire défini à l’avance, à la découverte des différents jeux mis à sa disposition dans un décor type «Tetris» ou Tron aux pixels colorés géants.

Le parti pris est clairement la découverte et l’amusement. Dès l’entrée se trouve un « bac à sable » ou atelier d’initiation pour aider les non-joueurs à se familiariser avec les différents contrôleurs de jeux que l’on peut trouver dans l’exposition : une sorte de didacticiel où l’on prend en main clavier et pad (manette) de jeu. Ensuite, des petits jeux permettent d’aborder et d’expliquer les différents types de jeux à l’aide de petites vidéos, de petits textes ou encore de captures d’écran (screenshot).

Dans la section « Avatars », le visiteur devient lui-même un personnage de jeu vidéo en essayant des tenues de héros célèbres. Dans une autre zone, il est possible d’incarner un surfeur prêt à affronter les vagues qui, à travers une course, marque des points et gagne le maximum de bonus en effectuant des figures. Devenant ainsi son propre avatar, le joueur est ainsi mené à se poser la question du temps de jeu, de la fatigue physique et nerveuse que cela induit mais également de la réputation d’inactivité des joueurs scotchés à leur écrans.

Plus loin, il se met au volant et prend le départ pour une course qui remonte aux sources de ce genre incontournable qu’est le jeu de Course automobile. Au fil du circuit, constitué de nombreux jeux vidéo existants, le graphisme et le gameplay évoluent en modernité jusqu’à arriver à notre très contemporain Gran Turismo 6 (celui-ci est non jouable). Expérience intense et légèrement perturbante lors des différentes phases de transitions. Ailleurs, des écrans-bulle offrent une immersion totale dans un  Jeu de tir en réseau : une adaptation du tout récent Shootmania, l’une des nouveautés de Nadeo/Ubisoft. Avec Habiletés en jeu, chacun peut découvrir, via une séquence de jeu qui analyse le regard et les aptitudes du joueur, quel est son profil en termes d’habileté, d’anticipation ou d’attention visuelle.

Les métiers du jeu vidéo sont présentés dans une section dédiée, et il est même possible de créer son propre niveau de jeu vidéo et de l’enregistrer pour le partager plus tard. L’on note ainsi la rapide évolution de ce secteur et son importance économique qui génère cette année pas moins de 53 milliards d’euros au niveau mondial, passant devant le cinéma et les autres industries de divertissement.

Un peu à l’écart, un documentaire de 14 minutes, réalisé par ZED Productions, donne la parole à des joueurs, des psychologues et des sociologues qui tentent de répondre aux critiques récurrentes : l’agressivité et la violence, les pratiques excessives, mais aussi l’éducation, le développement de compétences particulières… L’exposition n’est donc pas seulement ludique. Elle s’intéresse au jeu vidéo sous toutes ses formes et son impact sur la société. Elle invite le public à s’interroger et lui donne quelques clés pour mieux le comprendre afin de passer outre de nombreuses idées reçues.

Des portraits vidéos de personnes célèbres (ou anonymes) témoignent çà et là de leur propre expérience : quels sont les jeux qui ont fait vibrer Marcus ou bien Zabou Breitman?

Enfin, le jeu vidéo est également voyage et délectation, aussi le centre de l’espace est occupé par un écran géant accroché au plafond surplombant quatre chaises pacman.

Les amateurs de rétrogaming risquent d’être un peu déroutés car bien qu’abordée, l’histoire du jeu vidéo n’est matérialisée que par des vitrines de goodies et d’anciennes consoles, un pong redesigné et quelques explications, ce n’est clairement pas le propos de l’exposition, même s’il s’agit d’un préalable indispensable.

Les personnes déficientes visuelles pourront également s’essayer aux jeux vidéos dans la partie « Jeu audio ». Ainsi, un joueur uniquement guidé par le son en poursuit un autre qui, lui, est équipé d’un écran : comme quoi d’autres expériences de jeu sont possibles et qui dit «jeu vidéo» ne veut pas forcément dire «image». en outre, des inscriptions en braille équipent une partie des installations. De plein pied, la zone est également adaptée aux visiteurs à mobilité réduite, il est même possible de déplacer certains éléments de mobilier indiqués par un pictogramme.

Réalisée en partenariat avec de grands acteurs du monde vidéoludique (le SELL, le SNJV, Ubisoft, …) mais également avec de petits éditeurs français, l’exposition propose une nouvelle expérience avec des installations inédites spécialement réalisées pour cette occasion. Reprenant des bases de jeux bien connus, mais les adaptant à un espace muséographique en terme de prise en main intuitive mais également de durée de jeu. Car si 300 personnes peuvent visiter l’exposition simultanément, il y aura toujours un petit peu de frustration alors autant éviter les longues attentes dues à l’apprentissage d’un gameplay complexe et de longues phases de jeu.

Newbies, casual gamers et hardcore gamers, tous trouveront leur intérêt dans cette exposition même si 1000m² ce n’est pas encore assez pour présenter toute la richesse de cet univers.


Jeu Vidéo l’Expo à la Cité des sciences et de l… par SB-Paris

Visuels : Photographies officielles + Sandra BERNARD. Vidéo : Sandra BERNARD

Site internet de l’exposition

Autour de l’exposition :

• Éditions : 3 livres seront coédités avec La Martinière: un ouvrage jeunesse, un beau livre (35€) et l’album de l’exposition (9,90€).

• Ateliers de découvertes : de nombreux thèmes y sont abordés : vieille technologique, débats de société, réalisations culturelles et vidéoludiques, jeux en réseau, univers persistants, retrogaming…

• Ateliers de création : le public peut s’essayer à la création de jeux, tout en découvrant la chaîne de montage et toutes les disciplines et métiers associés (Game Design, Level Design,…), mais également à des créations numériques de détournements culturels vidéoludiques (Machinima, Même, …).

• Atelier scientifique Jeux vidéo : la science prend les manettes. Cet atelier est équipé de 15 postes, de nombreuses plateformes et de dispositifs de jeux. Il présente également un panel de plateformes historiques (micro-ordinateurs, consoles, pads, supports,…) en association avec MO5.com, pour retracer et illustrer les 40 années de ce nouveau média. Il est également possible d’essayer un autre jeu audio très intuitif mais pas si simple sur ipad. Plusieurs sessions sont organisées chaque jour et peuvent accueillir une trentaine de personnes. Le nombre de sessions pouvant varier dans l’année, il est conseillé de consulter le planning.

• Le FabLab du carrefour numérique² propose un atelier permettant de fabriquer sa propre mini borne d’arcade.

• Le LivingLab du carrefour numérique² propose de nombreux ateliers de découvertes et de tests de Serious Games, et des rencontres avec la communauté de chercheurs travaillant sur le jeu vidéo (Lutin, OMNSH,…) qui exposent leur travaux.

• À partir de janvier 2014, l’espace Cité Jeunes accueille des sessions de découverte des nombreuses formations et écoles de jeu vidéo, ainsi que des rencontres avec des  professionnels, des chercheurs et des étudiants travaillant sur le sujet.

Informations pratiques

Cité des sciences et de l’industrie 30, avenue Corentin-Cariou – 75019 Paris
MPorte de la Villette T3b

Horaires : Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10h à 18h, et jusqu’à 19h le dimanche.
01 40 05 80 00 www.cite-sciences.fr

Tarifs : 8€, TR: 6€ (+ de 60 ans, enseignants, – de 25 ans, familles nombreuses et étudiants).
Supplément: 3€ pour l’exposition Jeu vidéo, 3€ pour le planétarium.
Gratuit pour les – de 6 ans, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires des minimas sociaux, les handicapés et leur accompagnateur.

Nocturnes jusqu’à 21h pendant :
• les vacances de Toussaint : du jeudi 24 au samedi 26 octobre et du jeudi 31 octobre au samedi 2 novembre.
• les vacances de Noël : du jeudi 26 au samedi 28 décembre et du jeudi 2 au samedi 4 janvier.
Ouvertures exceptionnelles :
• les lundis 28 octobre et 30 décembre.

Infos pratiques

Premiers noms de la programmation du Rock The Pistes Festival 2014
Le dissolvant tout doux de Bourjois
Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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