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Eva Aeppli, un dialogue artistique qui traverse le temps

Eva Aeppli, un dialogue artistique qui traverse le temps

13 mai 2022 | PAR Aurèle Poirier

Le centre Pompidou de Metz, propose jusqu’au 14 novembre 2022 une rétrospective sur l’œuvre de l’artiste, Eva Aeppli. Intitulée le musée sentimental d’Eva Aeppli, l’exposition retrace l’œuvre de  l’artiste sous la forme d’un parcours. Les œuvres sont mises en perspective avec d’autres artistes, qui se rejoignent sur des thèmes en commun. Sont au rendez-vous : Andy Warhol, Annette Messager, Emma Kunz et bien d’autres encore.

 

Des visages, des figures 

Un fil, une aiguille et un crochet… C’est le matériel qu’a utilisé Eva Aeppli pour réaliser ses marionnettes et silhouettes de taille humaine. L’expression du visage reste presque toujours la même. On y perçoit une expression de visage souvent proche de la mort mais qui dégage un sentiment différent à chaque fois. De la sérénité à la détresse, de l’amour à la haine… C’est ainsi que s’exprime tout l’aspect de musée sentimental d’Eva Aeppli.

En se penchant plus en détail sur ces créations, un air théâtral s’en dégage. Comme si chaque « marionnette » incarnait un rôle, un personnage. Ainsi, le visiteur peut s’abandonner pleinement à sa sensibilité et s’imaginer à la place de l’œuvre s’il le souhaite. Cette rétrospective permet une réflexion et une espèce d’introspection à la fois individuelle et collective.

 

Une remise en cause d’un système politique et social

Il y a dans son parcours une véritable critique de la « dignité humaine ». L’artiste a été profondément marquée par la Seconde Guerre mondiale, qui a été un événement traumatisant pour elle ainsi que pour des millions de personnes, et encore pour l’Histoire aujourd’hui. En 1948, Eva est internée en hôpital psychiatrique, puis diagnostiquée d’une névrite obsessionnelle-compulsive, qui se traduit chez elle par une obsession de la disparition et une tendance à l’autodestruction. 

Dans les années 80, l’artiste exprime son soutien envers des associations qui défendent les droits humains. Notamment Amnesty international, qu’elle cite à plusieurs reprises dans ses carnets intimes, qui ont à ses yeux plus de valeurs que ses dessins et ses sculptures. En 1990, elle fonde la Myrrahkir Foundation à Omaha, pour lutter contre l’oppression, la pauvreté et l’ignorance. 

 

Plus qu’une exposition, un parcours de vie

Le musée sentimental d’Eva Aeppli, retrace un parcours rempli d’émotions. En s’aventurant dans les différentes pièces, on se rend compte qu’il y a une véritable chronologie. On commence par contempler ses débuts avec ses premières créations, on suit une évolution, des projets grandioses. Nous pouvons également noter un parallélisme qui se créé grâce à des œuvres d’autres artistes tels que Andy Warhol et Annette Messager, Emma Kunz, mais bien d’autres encore… 

Vers la fin de l’exposition, on découvre des œuvres en mouvements, rappelant une modernisation du monde. Les machines sont en mouvements mais les sculptures sont statiques, il y a un contraste très intéressant entre point fixe et mouvement. Enfin, nous rentrons dans un univers plus intime avec des dessins, des gribouillages, des lettres et des chansons de Edith Piaf en fond. En effet, Eva Aeppli aimait beaucoup les chansons de Edith Piaf. 

En somme, le musée sentimental est vraiment touchant, il nous berce dans un univers artistique à la fois unique et atypique. Si vous avez la possibilité de découvrir cette exposition n’hésitez pas à faire le premier pas. Le Centre Pompidou de Metz et l’oeuvre d’Eva Aeppli vous accueille à bras ouverts. 

 

© Visuels : Aurèle Poirier

 

Informations et réservations ici.

 

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