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Edi Dubien au MacLYON, mélancolie pastel

Edi Dubien au MacLYON, mélancolie pastel

08 octobre 2020 | PAR Lou Baudillon

Aujourd’hui s’ouvre l’exposition l’Homme aux mille natures qui met à l’honneur Edi Dubien pour sa première exposition monographique muséale. À découvrir jusqu’au 3 janvier au musée d’art contemporain de Lyon, qui a revêtu pour l’occasion ses plus belles couleurs pastels. 

Prévue à l’origine l’Orangerie du Parc de la tête d’Or, la première exposition monographique de l’artiste Edi Dubien sera finalement muséale et prendra ses quartiers au Mac de Lyon, permettant ainsi à l’oeuvre protéiforme de celui-ci de s’exposer à travers près de 400 pièces. C’est dans une mystérieuse chambre d’enfant qu’on semble alors pénétrer. La couleur pastel des murs, la présence des animaux et la fausse naïveté qui se dégage des centaines de dessins accrochés au murs nous invitent à la fabulation. Celle de l’enfance d’abord : une enfance solitaire, proche de la nature, étrange (comme le sont souvent les enfances) et teintée de la magie réservée à cet âge. Entre le petit garçon qu’était Edi Dubien, la fusion avec la nature est évidente. Elle transparait de tout ce qui nous entoure, dans les végétaux et les animaux, mais aussi dans les êtres figurés dans les dessins. Ces portraits de garçons qui parfois nous regardent, parfois semblent évasifs, dubitatifs, inquiets, comme étrangers à leur propre futur. Ils sont parfois affublés de maquillage ou d’objets, d’éléments issus de la nature, questionnant ainsi les valeurs des sociétés et la construction du genre.

Le propos alors très personnel de l’exposition prend des allures universelles, et touche par son inventivité et son détail. La mélancolie minutieuse des figures qui nous accompagnent et nous contemplent invente les rapports entre soi et son environnement. La nature comme terrain de jeu, comme passage rituel vers la quête de son identité et comme lieu d’intuition, de protection. À l’instar de cet amas de branche prenant la forme d’un tipi que l’on découvre au centre de l’une des salles, où l’on peut se réfugier, entouré par les animaux complices, afin de se retrouver. 

Défendre sa propre nature face à la société. N’est-ce pas là au fond ce que c’est que grandir ? En s’aventurant à travers l’exposition, il nous semble que les garçons qui nous regardaient grandissent et prennent des corps de jeunes hommes. À la recherche de la justesse entre son être et le monde dans lequel celui-ci entre en scène, entre son enveloppe corporelle changeante et son esprit encore emprunt d’enfance, les personnages d’Edi Dubien semblent se débattre pour exister au milieu des imaginaires et des allégories violentes. Métaphore autobiographique de l’adolescence, cette progression nous amène à penser comment s’armer face au monde, au déterminisme et à la morale. Tel un animal sauvage, qui s’adapte pour survivre, l’adolescent se mut en un homme qui  se doit de crier à l’affirmation de soi. Chaque pièce détient ce petit bout de ce qui reste de l’enfance, comme notre nature profonde qui subsiste là, à l’intérieur, pour toujours. 

 

 

Visuels : ©L.B ©Edi Dubien, Jeune lapin maquillé, 2020 ©Edi Dubien, Enfant soldat, 2019 ©Edi Dubien, Une pensée naturelle (détail), 2019 Courtesy de l’artiste et Galerie Alain Gutharc, Paris © Adagp, Paris, 2020

 

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Lou Baudillon

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