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Dans la boîte noire familiale de Tania El Khoury au Maif Social Club

Dans la boîte noire familiale de Tania El Khoury au Maif Social Club

03 septembre 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Jusqu’au 11 septembre, l’artiste libanaise installe sa salle des coffres dans le lieu caméléon qu’est le Maif Social Club, une plongée intime pour 10 visiteurs/acteurs.

On vous le dit souvent, le Maif Social Club est un endroit qui se repense à chaque exposition. On l’a vu devenir forêt ou maison par exemple. Cette fois, c’est encore autre chose. Tania El Khoury a eu l’idée de faire de son histoire familiale un spectacle, ou plutôt une installation. Alors comment adapter son Enquête immersive « Cultural Exchange Rate » à ce lieu ?

Et bien en concentrant tout dans des coffres à clés. Une salle des coffres vraiment, toute grise. Et au centre une table centrale, en bois. Quand les dix participants entrent, ils sont invités à déposer leurs affaires dans une boite pour avoir les mains libres. Et nous voici chacun muni d’un trousseau de 10 clés. Chaque trousseau est différent. Chaque parcours est unique. Donc, nous suivons de 1 à 10 les coffres dans l’ordre que le hasard nous a attribué.

Dans ces boites, qui sont parfois des lieux, des tiroirs, ou des cadres en tissus où glisser la tête, nous entrons quoi qu’il arrive dans la quête familiale de Tania. Sa famille a quitté le Mexique dans les années 1930 pour le Liban, sans argent, un peu comme une fuite. Pourquoi ? « Comment la famille peut disparaître comme ça? « 

Tous les sens sont en action, la vue, le toucher, le gout et l’odorat. Chaque casier est un voyage à la fois dans le passé et le présent. Sa quête est à la fois personnelle et universelle, cet exil raconte tous les exils, et tout les récits qui sont par essence fractionnés. L’ouverture d’une boite est une surprise et ce qui est très étonnant c’est la sensation d’être seul face aux archives et aux témoins. Les autres spectateurs sont tous affairés à tracer leur parcours, comme nous, et finalement tout le monde est très concentré.

Qu’est-ce qui fait trace, qu’est ce qui reste, quels sont les objets qui permettent de raccommoder un récit à rapiécer. Evidemment il ne faut rien vous dire de ce que vous verrez précisément, ni vous parler du récit que vous vous ferez peut être.

Dans ce jeu de piste où vous êtes guidés par vos propres clé vous retiendrez que ce que l’on transmet de sa famille aux autres et au siens tient parfois en une pâte d’amande en forme de fruit…

Entrée sur réservation sur maifsocialclub.fr/

Jusqu’au 11 septembre du mardi au samedi, à 10h, 11H30, 14h, 15h30,18h et 19H30, au Maif Social Club, 37 rue de Turenne, Paris 3e. L’exposition fait également partie du festival Les traversées du Marais. Puis du 6 au 9 novembre : Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine, dans le cadre du Focus sur la création artistique dans le monde arabe
– du 16 au 27 novembre : Micro Mondes Festival, Théâtre Nouvelle Génération, Lyon

Visuel : ©Tania El Khoury

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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