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Lauranne Germond : « Pour le MAIF social club, j’avais envie de  quelque chose de théâtral et de baroque »

Lauranne Germond : « Pour le MAIF social club, j’avais envie de  quelque chose de théâtral et de baroque »

03 octobre 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

 

Cette saison, le MAIF Social Club expose de l’automne à l’été autour d’un thème brûlant:  Le chant des forêts. Une exposition immersive qui nous ordonne de prendre le temps d’écouter ce que les arbres ont à nous dire. Rencontre avec la commissaire de l’exposition, Lauranne Germond.

Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Je suis commissaire d’exposition, directrice et cofondatrice de l’association COAL qui a bientôt 15 ans, qui se concentre sur les liens entre la culture et l’écologie. Elle promeut une approche culturelle de l’écologie et travaille en collaboration avec des artistes qui s’emparent de ces questions.

Est-ce que cela vous arrive de penser à des expositions qui sont éco-responsables dans leur construction mais pas dans leur thème ?

Non, j’entre dans une exposition par les contenus et par les récits que l’on tisse à partir de cette question écologique. Je suis toujours entrée par les contenus. La question de l’éco-conception pure c’est une chose en soi. Je ne suis pas scénographe moi-même, je me concentre plus sur le fond.

Vous aviez déjà vu des expositions dans le MAIF social club ?

Oui plusieurs.

Est-ce que quand Florent Héridel, programmateur du MAIF social club, vous a proposé ce lieu vous saviez comment vous alliez l’aborder ?

L’idée de travailler  dans ce beau lieu ne m’a pas fait peur car j’avais déjà vu des expositions ici.  J’étais très contente de travailler sur le sujet de la forêt. Avec notre prix COAL qui existe depuis 2010, nous venions de faire un prix dédié à la forêt quand on me l’a proposé en 2021. J’ai été également cofondatrice du festival Les Nuits des forêts. Ce sujet était pour moi  un thème de prédilection .

Le MAIF social club c’est un lieu familial, un lieu où les gens peuvent aussi venir juste pour un café, donc comment vous avez pensé une exposition pour un lieu qui n’est pas qu’un musée ?

Je travaille beaucoup sur des expositions qui, au-delà de la question esthétique, sont des véhicules de sensibilisation et dont le but est d’en ressortir après un véritable partage de connaissances. La dimension familiale et pédagogique de la MAIF rencontre donc bien cet aspect-là. Travailler avec un scénographe permet aussi de sortir des cadres conventionnels « white cube » de l’art contemporain et de pouvoir se permettre des choses un peu baroques. Là en l’occurrence j’ai proposé à Benjamin Gabrié de travailler avec moi.

Vous connaissiez son travail ?

J’avais vu Le bruit des loups de Etienne Saglio où il avait pensé une forêt magique, un peu à la David Lynch.  Pour le MAIF social club, j’avais envie de  quelque chose de théâtral et de baroque. C’est pour ça que j’ai proposé à Benjamin Gabrié de travailler avec moi. J’avais envie de proposer une scénographie déambulatoire.

Comment vous avez réuni les artistes, est-ce que vous les connaissiez tous et toutes ?

Oui, je les connaissais tous et toutes. C’est quelque chose qui me tient à cœur, comme on assure ce prix COAL, nous recevons énormément de projets. Pour La Forêt, par exemple, nous avions reçu 600 projets. Dans ce prix, il y a un lauréat et dix nommés. Avec cet appel à projets j’ai essayé d’aller puiser dedans pour nourrir d’autres travaux. Il y en a plusieurs là, que j’ai rencontrés comme ça. J’ai aussi travaillé avec d’anciens lauréats du prix comme Thierry Boutonnier et le collectif FIBRA.

Après il y a aussi la question d’un équilibrage entre les formes, pour diversifier les modes d’approche: des choses praticables, des choses contemplatives, des espaces sonores et odorants. Et aussi des artistes très engagés, d’autres contemplatifs, il y a des approches très diverses.

Est-ce que les artistes ont créé pour Le Chant des forêts, est-ce qu’il y a eu des commandes ?

Oui, il y a eu quatre commandes. Il y a la pièce d’Emilie Faïf sur la canopée, la pièce de la cabane de Tatiana Wolska. Thierry Boutonnier et FIBRA aussi, qui a adapté l’œuvre du prix COAL pour l’exposition. Il y a aussi le diptyque réalisé par Romain Bernini, refait exprès pour le MAIF.

Le chant des forêts du 1er octobre 2022 au 22 juillet 2023. Entrée libre.

Visuel : ©Thierry Cohen

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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