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Délirant Jean-Paul Goude aux Arts décoratifs !

Délirant Jean-Paul Goude aux Arts décoratifs !

16 novembre 2011 | PAR Elodie Rustant

Le musée des Arts décoratifs rend hommage au formidable artiste avec une rétrospective inédite, riche et merveilleusement drôle.

L’artiste touche-à-tout, tantôt illustrateur, photographe, réalisateur ou directeur artistique, n’avait encore jamais fait l’objet d’une exposition. C’est chose faite, et très bien faite avec ce parcours retraçant 40 ans de création mêlant photographies, installations, croquis ou encore films.

La Nef du musée est occupée par une gigantesque locomotive, évocation du Bicentenaire de la Révolution française de 1989 dont la réalisation fut confiée à Jean-Paul Goude. Une série de portraits des différents groupes ethniques qui composaient le défilé encadre l’engin offrant une perspective spectaculaire pour le visiteur.

La visite se poursuit dans une enfilade de pièces détaillant chronologiquement les étapes artistiques de la vie de Goude. Sa carrière débute chez Marie-Claire où il n’est que dessinateur. En 1964, il est invité à décorer le prestigieux magasin Brummel pour qui il créera une frise monumentale, la frise des « Minets ». C’est en 1969 que sa carrière décollera avec le magazine Esquire. D’abord collaborateur, il en deviendra directeur artistique. Les années 1980 marqueront le début de ses géniales publicités.

On se souvient de ces étranges petites créatures au maillot rayé, la tête surmontée d’un curieux entonnoir, créées pour Kodak en 1984, ou de Vanessa Paradis, délicieux oiseau se balançant dans sa cage pour Coco Chanel. Mais saviez-vous qu’il était également l’auteur de la (très) virile publicité pour le parfum Guerlain Homme ? Et celui du pétillant spot Prada Candy avec Léa Seydoux ?

Véritable « faiseur d’images », son travail n’est que recherche de beauté et de personnalité souvent teintée d’ironie. Ses célèbres ektachromes sont des tirages photographiques qu’il découpe et retouche pour créer ces corps aux membres démesurés rappelant souvent les œuvres cubistes. N’avait-il pas humoristiquement nommé son travail quasi chirurgical « French correction » avant de se mettre lui-même en scène sous le titre « Le correcteur corrigé » ?

Son modèle probablement le plus célèbre, la chanteuse Grace Jones deviendra sa muse. Photographiée, découpée, recollée, elle apparaît sur les œuvres de Goude comme une créature fantastique, femme fatale irréelle souvent effrayante.

Une exposition à l’image ce celui qu’elle célèbre : sophistiquée et extravagante. Parce que Marc Jacobs vêtu d’un tutu juché sur une valise Vuitton, ça vaut le détour !

Photos :

Grace revue et corrigée, New York, 1978

Robe de maternité d’inspiration constructiviste, New York, 1980

Le bœuf sur le toit et Combustions sensorielles
Contracorriente : taire ou affirmer son homosexualité ? ( en salle le 23 novembre )
Elodie Rustant

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