Cinema
Contracorriente : taire ou affirmer son homosexualité ? ( en salle le 23 novembre )

Contracorriente : taire ou affirmer son homosexualité ? ( en salle le 23 novembre )

16 novembre 2011 | PAR Amelie Terranera

Contracorriente, vision honnête de l’amour au masculin dans une nature dissimulée et accueillante, rappelle inévitablement le sublime Secret de Brokeback Mountain. Le premier long-métrage du réalisateur péruvien Javier Fuentes-León, qui a obtenu le prix du public au Festival Sundance 2010, sort en salle le 23 novembre 2011.

Miguel et Santiago sont différents. Le premier est un pêcheur marié, respecté de tous, le second est un artiste montré du doigt. Leur amour est la seule chose qu’ils ont en commun. A la force des sentiments de ce couple singulier, répond l’envoûtante et colorée beauté de l’Amérique latine.

Contracorriente pose d’emblée une question fondamentale : peut-on, ici ou ailleurs, afficher librement et sereinement son homosexualité ou est-il encore nécessaire de sauver les apparences coûte que coûte ? Le premier long-métrage de Javier Fuentes-León évoque le poids du regard de la communauté villageoise et religieuse sur le comportement des uns et des autres.

Dans un petit village péruvien de pêcheurs, où tout le monde se connaît et que les traditions rythment le quotidien et où les murs du seul bar sont recouverts de poster de jeunes beautés dénudées, il est difficile voire impossible d’afficher, et d’accepter surtout, sa différence. Les nombreux plans maritimes – d’une grande bleue calme ou plus agitée – rappellent qu’il n’est pas aisé de lutter contre la (contre sa) nature. Ne voit-on pas Miguel préférer regarder les telenovelas plutôt que les matchs de football ?

Le rythme lent et circulaire de Contracorriente n’échappe pas à quelques longueurs. De ce fait, le spectateur est à même de réfléchir à l’homophobie actuelle : est-ce du ressort de la tradition, de la bêtise, ou plus grave encore de l’ignorance ?

Contracorriente met également l’accent sur la torture intérieure engendrée par sa différence et la pression dégagée par une religion trop envahissante. Ce long-métrage n’est nullement militant, il incarne simplement la notion de choix : comment gérer son homosexualité ? Cacher sa véritable nature par omission, par lâcheté ou par peur des conséquences ? Ou tout simplement est-ce une volonté de garder cela pour soi ?

Le réalisateur considère qu’il aura gagné son pari s’il arrive à convaincre qu’un véritable mâle se reconnaît moins à sa femme et à sa progéniture qu’à son honneur. Ce sensible long-métrage frôle parfois avec le fantastique puisque Miguel est victime d’hallucinations furtives. Il fantasme en réalité la vie qu’il aurait pu avoir avec son amant s’ils avaient vécu leur amour au grand jour. Contracorriente est finalement moins un film sur l’homosexualité qu’une métaphore sur la nécessité de faire des choix pour s’accepter et refuser son ostracisation.

Contracorriente, de Javier Fuentes-León, avec Manolo Cardona, Tatiana Astengo et Christiab Mercado, 2011, 1h 40min, sortie le 23 novembre.


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Amelie Terranera

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