Arts

Cliché Henri Cartier-Bresson ? Mon œil !

15 avril 2009 | PAR marie

Henri Cartier Bresson ne photographie rien. Ou si peu. Des enfants sévillans qui jouent dans les gravas d’un immeuble délabré, un couple d’amoureux profitant des congés payés sur les bords de Seine, un Monsieur au café ou une vieille anglaise qui, sans en avoir l’air, fait dignement sa sieste… Celui que l’écrivain et peintre Henri Michaux appelait « l’oeil«  se fie des évènements, des images à afficher, des flyers à imprimer, de ce que nous devrions voir et retenir. Il n’a pas de message à faire passer, seulement des moments à saisir, à fixer, à extirper d’une infatigable broyeuse prénommée temps. Saisi, son Giacometti n’est qu’un frêle esquif courant sous une pluie torrentielle, le fier et adulé père de l’existentialisme, le Jean-Paul Sartre de 1949, est relégué sur le côté d’une photo et l’ordre des troupes soviétiques est dérangé par la fleur d’une petite fille.

Toujours dans cette optique de dépasser des clichés, le voyageur-photographe ramène d’URSS, en pleine Guerre froide (milieu des années 50), des photos que les journaux occidentaux s’empressent de divulguer. Jusqu’alors les « gens de l’Ouest » n’avaient de leurs confrères russes que des images de propagande. Dès lors, grâce à HCB, ces occidentaux qui devaient se jucher sur des pylones pour voir au-delà du Mur berlinois découvrent les enfants « pionniers » surveillés par Staline et Lénine.

Avant, le voyageur leur avait montré le couronnement de Georges VI à Londres et la libération des camps ; après, il photographiera l’avènement de la Ve République et Mai 68…. Ou, plus précisément, l’air ahuri d’un Monsieur très bien devant un bien étrange tag : « Jouissez sans entrave ».

henri cartier bresson

Crédit photo : Henri Cartier Bresson/Magnum Photos. Le Mur, 1962

Sans jamais être « officiel», sans jamais avoir l’air de rien « couvrir », le photographe né en 1908 était partout là où l’Histoire produisait des secousses… La Maison européenne de la Photographie (Paris 4E) qui n’est pas à un an près, fête le centième anniversaire de la naissance. Pour l’occasion, deux thèmes, qui étaient aussi deux des livres d’HCB ont été retenus : Les Européens et Paris.

Henri Cartier-Bresson à vue d’œil, à la Maison Européenne de la Photographie, jusqu’au 30 août 2009, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e Métro Saint Paul de 11h à 20h sauf lundi, mardi et jours feriés, 6,50 euros, TR : 3,50 euros, gratuit tous les mercredi de 17h à 20h

A voir aussi à la MEP jusqu’au 14 juin : G. Uféras, Etat de grâce. Coulisses de théâtres, d’Opéras et de défilés de mode.

Marie Barral

henri cartier bresson

Crédit photo : Henri Cartier Bresson/Magnum Photos, Gitans, 1933

Salle des fêtes, et belle victoire
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marie

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