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Un front artistique pour retrouver les 43 étudiants disparus au Mexique

Un front artistique pour retrouver les 43 étudiants disparus au Mexique

05 novembre 2014 | PAR Nina Farge

Fouilles de fosses clandestines, manifestations enflammées de la population, arrestation hier du maire de la commune d’Iguala et de son épouse en cavale… Les opérations se multiplient pour retrouver les 43 étudiants mexicains portés disparus depuis plus d’un mois au Mexique. Le projet Ilustradores Con Ayotzinapa (Illustrateurs avec Ayotzinapa) ouvre un nouveau front où la dénonciation artistique prend le pas sur la violence physique.

Voilà plus d’un mois que le Mexique est en deuil: attaqués le 26 septembre dernier par des groupes armés alliant gangs et officiers de police municipaux, six d’étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa ont trouvé la mort et 43 autres sont toujours portés disparus. Un scandale politique qui ne manque pas d’alimenter la rancune de la population mexicaine à l’encontre de leurs représentants officiels, déjà impliqués par le passé dans des affaires de corruption aussi nombreuses qu’insoutenables.

Réaction explosive à une désapprobation tenace, la déferlante des manifestations de ces dernières semaines signe le malaise d’une population à bout de patience. José Luis Abarca, maire de la commune d’Iguala où se sont déroulés les faits, est tout particulièrement incriminé dans cette affaire: impuissant à contenir les violences récurrentes dans sa commune; il aurait en effet été l’instigateur de cette agression barbare, craignant que les étudiants ne soient venus déranger un événement public organisé par son épouse ce jour-là. En cavale depuis le lendemain des faits, ils ont tous deux été arrêtés hier.

Mais l’affaire est loin d’être close pour autant: à l’heure actuelle, le mystère reste entier sur le triste sort des 43 étudiants, disparus mais constamment présents dans les esprits. Ont-ils été enlevés, dissimulés, assassinés? La fouille de plusieurs fosses clandestines s’est avérée vaine.

La douleur de l’incertitude avait d’abord poussé la population à des émeutes, violentes et incendiaires; aujourd’hui, d’autres fronts s’ouvrent afin de perpétuer cette nécessaire dénonciation. Le projet Ilustradores Con Ayotzinapa, qui nous intéresse aujourd’hui, se propose notamment d’employer les arts plastiques dans cette mobilisation: les artistes sont ainsi invités à représenter chacun des étudiants par un visage, et à imprimer le portrait de la volonté inébranlable de retrouver le disparu par une légende déclinée au fil des oeuvres (on peut ainsi lire sur le Tumblr dédié au projet, Yo, David Batalla, quiero saber donde esta Saul Bruno Garcia – Moi, David Battalla, veux savoir où se trouve Saul Bruno Garcia- par exemple). Un référencement sur Twitter, grâce au hashtag #IlustradoresConAyotzinapa, permet aux dessinateurs d’ajouter leur pierre à l’édifice, martelant ainsi la détermination d’un peuple soudé par la révolte et la nécessité.

Visuels: « PP », http://ilustradoresconayotzinapa.tumblr.com/post/101762436699/yo-pp-quiero-saber-donde-estan-todos

David Batalla, http://ilustradoresconayotzinapa.tumblr.com/post/101445612529/yo-david-batalla-quiero-saber-donde-esta-saul

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Nina Farge
Étudiante en deuxième année de master "Administration de la musique et des arts du spectacle vivant" à l'université d'Evry, licenciée en "Lettres et Arts"; je me passionne depuis toujours pour la culture, et plus particulièrement pour la danse.

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