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Twitter lutte contre le terrorisme en supprimant des comptes faisant « l’apologie du terrorisme »

Twitter lutte contre le terrorisme en supprimant des comptes faisant « l’apologie du terrorisme »

17 avril 2018 | PAR Aurore Garot

Le réseau social a annoncé dans son dernier rapport de transparence avoir supprimé 274 460 comptes faisant « l’apologie du terrorisme » entre juillet et décembre 2017, soit 1,143 million depuis le 1er août 2015. Une mesure qui s’inscrit dans les nouvelles législations de durcissement des obligations des réseaux sociaux. 

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C’est 8,4% de moins que la période précédente. Une victoire pour Twitter qui, sous la pression des gouvernements américains et européens en pleine polémique sur l’influence des réseaux sociaux dans la propagande terroriste, a accru ses efforts pour supprimer les contenus haineux et radicaux de son réseau et empêcher leur diffusion. La société de l’oiseau bleu affirme même que 73% des comptes supprimés n’ont pas eu le temps de faire un tweet et 93% d’entre eux ont été détectés grâce à des algorithmes internes, qui après avoir fait disparaître les comptes en question, empêchent les utilisateurs d’en créer un autre. «Nous continuons à voir les effets positifs et significatifs d’années de travail afin de faire de notre site un lieu indésirable pour ceux qui cherchent à faire l’apologie du terrorisme, avec comme résultat que ce type d’activité disparaît de plus en plus de Twitter» a déclaré la société de San Francisco dans un communiqué.

La  liberté d’expression : le moyen de défense de Twitter contre les nouvelles législations

La plateforme exprime cependant son inquiétude vis à vis d’un « effet potentiellement dissuasif sur la liberté d’expression ». Twitter ne voit en effet pas d’un bon œil les projets de législation en vigueur en Europe comme aux Etats-Unis, qui poussent plus loin le contrôle des contenus. C’est alors la peur d’une limitation de la liberté d’expression qui est brandie : « Avec le vote de nouvelles législations et les discussions actuelles sur les régulations qui ont lieu dans le monde concernant l’avenir du discours public sur Internet, nous voyons un effet potentiellement dissuasif sur la liberté d’expression », glisse Twitter dans son communiqué.

De lourdes amendes dans le projet d’Edouard Philippe

Le premier ministre Edouard Philippe avait quant à lui présenté lundi 19 mars, les grandes lignes d’un projet visant à renforcer les obligations des réseaux sociaux vis à vis des contenus illicites  avec notamment de lourdes amendes (inspiré du modèle allemand) contre ceux qui ne retirent pas les propos haineux ou qui ne ferment pas les comptes qui les diffusent. « On ne me fera jamais croire que les réseaux sociaux seraient des espaces hors-sol. Pour moi, tout ce qui est publié et diffusé en France, est publié et diffusé en France. Et doit donc répondre aux lois de la République », a souligné le Premier ministre dans son discours prononcé au musée de l’immigration à Paris. Des mesures difficiles à mettre en place pour Delphine Meiller, avocate spécialisée dans le droit de la presse sur internet. Selon elle, la mise en place de ces amendes comme celles de nos voisins allemands, aura pour conséquence des suppressions de contenus « à tout-va, même ceux qui n’avaient pas lieu de l’être ».

Les réseaux sociaux : hébergeurs et éditeurs?

Autre solution proposée, changer le statut juridique des réseaux sociaux. « Actuellement, [les réseaux sociaux »] ne sont pas responsables du contenu publié, explique Sacha Ghozlan, président de l’UEJF. L’idée est de renverser le principe de responsabilité, les plateformes ne sont pas juste des tuyaux de transmission ». La loi LCEN (Loi pour la confiance dans l’économie numérique) du 21 juin 2004, détermine les réseaux sociaux comme des hébergeurs mais le statut d’éditeur est encore à clarifier. L’article 6 pose un régime spécifique de « responsabilité allégée » :  « dès lors qu’elles ont eu connaissance de contenus manifestement illicites et qu’elles ne l’ont pas supprimé suffisamment rapidement, leur responsabilité devient celle d’un éditeur » explique l’avocate. Autrement dit les réseaux sociaux sont éditeurs s’ils ont été averti du contenu illicite… Pour faire court, ils sont déjà éditeurs…Mais à temps partiel.

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