Politique culturelle
Ouverture du rideau sur les dysfonctionnements au théâtre de la Ville

Ouverture du rideau sur les dysfonctionnements au théâtre de la Ville

27 septembre 2013 | PAR Mélanie Taverny

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Depuis quelques jours, la gouvernance du Théâtre de la Ville fait polémique. La politique culturelle parisienne, confuse, doit faire face à des problèmes de direction dans un empire culturel. Cet établissement public géré par des organismes, un conseil d’administration semble céder aux demandes de directeurs capricieux.

C’est selon une enquête établie par deux inspecteurs en 2012 concernant la gouvernance de cet établissement public parisien que de nombreuses irrégularités ont été mises en avant courant février 2013. La main mise de l’ancien directeur du théâtre fait appel aux doutes et a nécessité l’ouverture d’enquêtes. Des dépenses inexpliquées auraient débuté à partir de 2006 sous la présidence de Gérard Violette (président de 1985 à 2008) continuant sous l’actuel directeur Emmanuel Demarcy-Mota. Le rapport dénonce une autorité accaparée par Gérard Violette; alors que le théâtre est dépendant à 80% des subventions de la ville à hauteur de 10 millions et demi d’euros et qu’il ne peut être régit que par une seule personne. Cette plateforme tournante de la culture accueille chaque année environ 250 000 personnes répartie en deux sites (Place du Châtelet et rue des Abbesses). Au devant de la scène artistique, des problèmes financiers et de corruption ont tout de même échappé aux membres du conseil d’administration et aux autorités extérieures.

Des points opaques

La chambre régionale des comptes s’interroge sur différents cas, notamment sur le départ à la retraite de M.Violette, qui en plus des indemnités prévues par la convention collective aurait touché une gratification mirobolante d’un montant de 98. 056 euros. Ou encore, elle se questionne sur une prime qui aurait été versée par le maire socialiste Bertrand Delanoe (dont la mairie de Paris dément tout acte du maire) dans des conditions opaques entre 2007 et 2008 dont il fut bénéficiaire. Un éclaircissement sur le montant des primes a cependant été apporté par M.Violette indiquant qu’il en avait autorisé le dépassement du plafond pour lui même et certains de ses collaborateurs. Le directeur a fait du théâtre une hégémonie laissant de coté les membres du conseil d’administration de l’association qui le régente. Son prédécesseur pourrait bien suivre ses traces, car sa nomination à la tête du théâtre les a substitué de leurs pouvoirs d’élection.

Une résolution sous la contrainte des municipales?

Seulement, un rapport de l’AFP a  retiré le terme « d’illégale» à l’affaire mettant en cause la culpabilité de M.Violette. L’importante somme qu’il aurait reçu, présentée comme «une gratification» est selon Bruno Julliard (adjoint au Maire de Paris chargé de la culture), une «indemnité de mise à la retraite selon la convention collective».  Il a qualifié la prime de 75.000 euros de «licite au regard du droit du travail et calculée en fonction des revenus de M.Violette et de son ancienneté». La mairie de Paris a donc éteint tous soupçons sous la houle des municipales qui approchent mettant en avant une passe d’armes gauche-droite. Bien que les élus UMP de Pairs aient demandé des comptes à la mairie de Paris, le socialiste, Bertrand Delanoe a été mis hors de cause car cet acte n’est pas dans ses compétences. Il a aussi mis en avant une  « parité » des partis au sein du conseil d’administration qui compte 25 membres dont 12 élus de la ville avec 8 de gauche et 4 de droite.

Entre entorse au contrat et corruption, la lumière a été mise sur des «dysfonctionnements» concernant la gérance du théâtre dit «public». Au profit de la culture, le théâtre de la Ville, vu comme une machine à sous alors qu’il est régi et fixé par des organismes à but non lucratif est cependant le lieu et un prétexte d’attaque des partis politiques en marche vers les municipales.

Visuel : (c) Photo, extérieur du Théâtre de la Ville

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