Politique culturelle
L’artiste Daniel Buren envisage une action en justice contre la ville de Lyon

L’artiste Daniel Buren envisage une action en justice contre la ville de Lyon

19 août 2015 | PAR Elodie Schwartz

« Écœuré » par « l’état d’abandon » de la place des Terreaux qu’il a rénové en 1994 avec Christian Drevet, Daniel Buren envisage une action en justice contre Lyon. Pour lui, c’est la « seule solution » pour que la ville prenne son « oeuvre » au sérieux.

Depuis quelques années, la place des Terreaux de la ville de Lyon est dans un triste état et ça, Daniel Buren, qui l’a réhabilité en 1994 en compagnie de l’architecte Christian Drevet, en est bien conscient. Dans une interview exclusive accordée au journal Le Progrès, l’artiste français se dit même « écœuré » par « l’état d’abandon » dans lequel se trouve la place publique accueillant « son oeuvre ». Doutant fort d’un prochain réaménagement, Daniel Buren envisage donc une action en justice contre la ville de Lyon. « Devant ce désastre et les non-réponses, la seule façon de faire bouger les choses c’est d’attaquer », explique-t-il. « Il est toujours désagréable d’arriver à cette extrémité-là. Mais on se fiche de ma figure depuis quinze ans. Il faut arrêter. L’image que l’on donne de cette place et de la ville est horrible. La seule solution, c’est une action en justice, pour qu’ils prennent cela au sérieux », ajoute-t-il.

Selon le créateur des célèbres colonnes du Palais Royal, si la place des Terreaux se détruit peu à peu c’est à cause des nombreuses fontaines « alignées au carré sur un revêtement en pierres blanches, noires et grises, créant un effet miroir », précise le Figaro,  rappelant par la même occasion qu’en 1995 l’oeuvre de Daniel Buren avait déjà connu un problème de fonctionnement, « l’eau débordant la pierre se cassant ou s’affaissant ». Mais le gros du problème viendrait surtout des bus, camions et véhicules traversant la zone à l’origine piétonne. « Cela dérègle la circulation des granits », précise Daniel Buren à la journaliste Aline Duret. Résultat : la situation s’aggrave et la place devient de plus en plus abject. « De jour en jour, ce truc-là est de plus en plus innommable. C’est désastreux pour moi. On peut avoir un jugement par rapport à une oeuvre terminée. Là, il ne peut être que négatif », aurait déclaré l’artiste, cité par France TV Info.

En 2008, selon ses dires, le maire de la ville de Lyon, Gérard Collomb, lui aurait assuré que la réparation de la place des Terreaux était inscrite au programme de son mandat. Mais rien ne « s’est fait. Je pense qu’ils ne feront jamais rien, que c’est voulu, que c’est fini », a lâché Daniel Buren. Pour lui, « la situation est allée en s’envenimant. Il n’y a plus de dialogue ». Pourtant, de son côté, la ville de Lyon aurait bien précisé dans un communiqué que le réaménagement de la place était prévu « mais qu’il fallait au préalable restaurer l’historique Fontaine Bartholdi, déplacée par Daniel Buren sur un côté de la place », rapporte France TV. L’œuvre « a été faite pour cette place, c’est là qu’elle doit rester et elle doit rester propre. S’il faut que j’accepte qu’elle soit détruite, qu’on la retire du patrimoine, ce n’est pas gagné d’avance », a-t-il prévenu. Affaire à suivre.

Visuel : © Place des Terreaux / Wikipédia

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