Politique culturelle
L’ancien atelier de Pablo Picasso toujours menacé

L’ancien atelier de Pablo Picasso toujours menacé

09 juillet 2015 | PAR Elodie Schwartz

Le 17 juin 2015, le Tribunal administratif de Paris a rejeté le recours en annulation du classement Grenier des Grands Augustins à l’inventaire des Monuments historiques. Une victoire favorable donc à la sanctuarisation de l’ancien atelier de Pablo Picasso. Cependant, ce dernier est toujours menacé : la Chambre des Huissiers de Justice de Paris cherche à en faire une résidence hôtelière, ce que ne conçoit pas le Conseil National pour l’Education Artistique…

C’est dans le grenier de l’hôtel Savoie, situé au 7 rue des Grands-Augustins dans le 6e arrondissement de Paris, que Pablo Picasso a laissé parler sa créativité et a notamment peint Gernica en 1937. Un haut lieu du patrimoine culturel et artistique parisien donc qui pourrait bientôt se transformer en hôtel de luxe sur la volonté de la Chambre des Huissiers, propriétaire des lieux. Mais de son côté, le CNEA (Conseil National pour l’Education artistique), occupant des lieux suite à une convention signée en 2002 avec la Chambre des Huissiers, refuse de voir ce grenier se transformer. Depuis sa restauration, l’ancien atelier de l’artiste est devenu le siège du CNEA qui organise expositions, concerts, soirées théâtrales etc.

Une véritable guerre a ainsi explosé entre les deux partis, d’autant plus que la CHJP a tenté de faire expulser le CNEA et a demandé l’annulation de la décision prise à l’unanimité, le 13 mai 2014 par la Commission régionale du Patrimoine et des Sites d’Ile-de-France, de classer les deux derniers étages de l’immeuble au rang de Monuments Historiques. Une demande forte heureusement refoulée par le Tribunal administratif de Paris en juin 2015. Pour autant, rien n’est encore gagné puisque « le 5 août 2014, alors que l’arrêté de classement de l’immeuble avait été signifié par le Préfet de région à la ministre de la Culture, à la Maire de Paris et à la Chambre des huissiers de justice de Paris, la société Helzéar (qui a contracté le bail avec la CHJP pour transformer l’immeuble en hôtel) n’a pas hésité à déposer une demande de permis de construire occultant la décision de classement » explique le CNEA dans un communiqué.

Quelle fin pour « le plus gros scandale de l’Histoire du Patrimoine » ?

Face à ce qui pourrait devenir « le plus gros scandale de l’Histoire » du pays, le CNEA appelle les défenseurs du Patrimoine ainsi que son comité de soutien composé de Lucien Clergue, Charlotte Rampling, Didier Lockwood et Cie à rester vigilants et affirme que, malgré toutes les actions engagées à son encontre, il a toujours privilégié la recherche d’une solution permettant de préserver le caractère historique et patrimonial de l’ancien atelier de Pablo Picasso. C’est pourquoi, « Alain Casabona, délégué général du CNEA, a demandé à M. Jean-Paul Delevoye (ancien médiateur de la République) de participer à une éventuelle table ronde réunissant les différents protagonistes de ce dossier. »

Par ailleurs, le CNEA a de nouveau saisi les autorités ainsi que les membres des commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat pour leur demander d’ouvrir une enquête relative aux conditions d’attribution de l’immeuble au groupe Helzéar. Enfin, il a demandé à la couronne espagnole, face à l’indignation suscitée en Espagne, « d’user de son influence auprès des autorités françaises pour que soit mis un terme à cette situation qui confine au vandalisme. » L’épée de Damoclès est toujours au-dessus de l’ancien atelier de Picasso et de son protecteur.

Visuel : © CNEA

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Elodie Schwartz

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