Politique culturelle

La sculpture d’Anish Kapoor vandalisée pour la troisième fois

La sculpture d’Anish Kapoor vandalisée pour la troisième fois

11 septembre 2015 | PAR Kalindi Ramphul

Dimanche dernier, la statue d’Anish Kapoor, au titre évocateur de Dirty Corner, avait été dégradée pour la seconde fois. Des inscriptions à caractère antisémite avaient été peintes sur la quasi-intégralité de l’oeuvre. Les bourreaux ont encore frappés dans la journée du 10 septembre et ont taggé l’oeuvre à la peinture rose. Toute La Culture revient sur cette démonstration d’intolérance.

« Respect Art as U trust God », autrement dit : « respecte l’art comme tu crois en Dieu ». C’est la nouvelle inscription qui figure désormais sur la statue Dirty Corner, oeuvre d’Anish Kapoor surnommée « Le vagin de la reine » par les médias. Cette inscription a été signalée hier, jeudi 10 septembre et promet d’encore faire parler d’elle. La direction du Château de Versailles se retrouve, encore une fois, outrée par une telle dégradation et refuse d’entrer dans le débat : « était-ce une marque de soutien à l’artiste ou de haine gratuite ? »

Au vu des événements récents, la direction du Château a décidé de renforcer les mesures de sécurité dans ses jardins. Dès à présent, des rondes de police seront effectuées pendant la nuit et des patrouilles de maîtres-chiens tourneront près de l’oeuvre. De nouvelles caméras de surveillance seront, par ailleurs installées. Et pour cause, il s’agit de la troisième fois que la statue est victime de vandalisme. L’artiste Anish Kapoor a révélé être « bien triste » et parle même d' »enterrement de la culture ».

Toute La Culture revient sur les événements passés :

Installée dans l’axe principal du parc, l’immense statue créée par Anish Kapoor, un tunnel d’acier long de 60 mètres a été victime d’un nouvel acte d’obscurantisme délibéré. En effet, l’oeuvre a été retrouvée, dimanche 6 septembre, recouverte d’inscriptions à caractère antisémite à la peinture blanche : « La reine sacrifiée, deux fois outragée »« SS Sacrifice Sanglant »« le deuxième VIOL de la Nation par l’activisme JUIF DÉVIANT ». Un acte de haine brutale qui, on l’espère ne restera pas impuni.

L’artiste s’est dit également révolté par l’intolérance indéniable que révèle cet acte de vandalisme et s’est exprimé publiquement : « Je suis convaincu qu’il ne faut rien retirer de ces insultes, de ces mots propres à l’antisémitisme que l’on voudrait aussitôt oublier. (…) Désormais, ces mots infamants font partie de mon œuvre, la dépassent, la stigmatisent au nom de nos principes universels. (…) Je défie désormais les musées du monde de la montrer telle quelle, porteuse de la haine qu’elle a attirée. C’est le défi de l’art. »

Dans la soirée du dimanche 6 septembre, le Président de la République avait «fait part de toute sa solidarité à Anish Kapoor et réaffirme son attachement indéfectible à la liberté de création, qui a sa place dans les lieux les plus prestigieux de notre patrimoine». Avec lui, c’est toute une nation qui s’indigne contre la haine et l’obscurantisme.

Kalindi Ramphlu

Visuel:(c)DR

 

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