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Bain de nature et de lumière au Domaine des Etangs

Bain de nature et de lumière au Domaine des Etangs

29 mai 2019 | PAR Laetitia Larralde

Deuxième exposition autour de la collection Dragonfly, La Lumière des mondes propose une excursion entre nature, création et origines.

En pleine campagne de la Charente limousine, le Domaine des Étangs couvre plus de mille hectares, avec pâturages, forêt, étangs et château du XIème siècle et ses dépendances. Complètement restauré et réouvert en 2015, le Domaine des Étangs propose un hébergement haut de gamme entre suites et métairies qui reflète les idéaux de Garance Primat, à l’origine de la reconversion de la demeure familiale.

Cette philosophie est entièrement tournée vers la nature et les liens que tissent les êtres entre eux et avec leur environnement. Si la nature est source de création, la lumière agit en tant que révélateur. En se basant sur cette idée, les deux commissaires Hervé Mikaeloff et Ingrid Pux ont composé une exposition interrogeant les origines de la création. La collection Dragonfly, constituée par Garance Primat, compose la majeure partie des œuvres exposées. Et pour mettre en pratique l’idée du lien entre les êtres, plusieurs galeries, ainsi que le Frac Poitou-Charentes, ont prêté des œuvres pour compléter et enrichir le propos.

Un conte des origines

La salle d’exposition, située dans l’ancienne laiterie du domaine, est un espace libre, sans cimaises. Surplombé à chaque extrémité par deux bibliothèques en mezzanine, l’une évoquant le passé et l’autre le futur, l’espace central s’intéresse au présent en création perpétuelle. C’est là que se déroule le conte composé par l’assemblage d’une trentaine d’œuvres. Ouvrant sur Lullaby de Louise Bourgeois, le visiteur retrouve ces moments où, enfant, on lui racontait des histoires, et se plonge dans le mythe des origines qu’est La Lumière des mondes.

Sam Falls, qui a inauguré le programme de résidence du Domaine des Étangs, présente son jardin d’Eden portant l’empreinte de la nature du domaine, entre plantes sauvages et pattes d’animaux. De là, l’histoire se déroule entre péché originel, dislocation des êtres et différentes façons de se reconstituer, se transformer. Cette transformation peut venir de la terre de Dubuffet, de la lumière des ors d’Olga de Amaral ou Anish Kapoor, de la connaissance du livre d’Anselm Kieffer ou encore du mouvement du serpent arc en ciel aborigène de John Mawurndjul. Une fois l’être reconstitué, revenu à une unité nouvelle, l’exposition propose plusieurs pistes d’existence. Sous l’œil protecteur des sculptures de Wangechi Mutu et Romuald Hazoumè, deux déesses symbolisant le ciel et la terre, on parle de paix, d’amour, de nature nourricière et d’équilibre entre principe féminin et masculin. Un beau message rempli d’espoir soutenu par des artistes comme Picasso, Kiki Smith, Niki de Saint Phalle ou Wang Keping.

L’exposition sort du cadre

Si le parcours de l’exposition est pensé comme une histoire, il peut également se faire de façon totalement décloisonnée. Les œuvres dialoguent entre elles au travers de l’espace, et la sélection ne se limite pas à l’art contemporain occidental. Des pièces d’art africain traditionnel cohabitent avec de l’art aborigène et échangent avec des œuvres d’artistes qui se sont nourri de ces arts.

Le parcours étant nettement narratif, il est alors évident de l’accompagner d’une bande-son, pour transformer le conte lu de l’enfance en conte moderne de cinéma. Le compositeur de musique de films Mathieu Lamboley a créé deux pièces musicales en s’inspirant des différents éléments naturels pour l’occasion. La première enveloppe l’espace central avec une multiplication d’enceintes diffusant une composition aux pistes sonores séparées, plus ou moins accentuées selon leur positionnement par rapport aux œuvres. La seconde vient se mêler au rayonnement des néons jaunes de l’installation Rising Sun de Mark Handforth pour créer un espace flottant hors du temps.

L’exposition se poursuit en extérieur dans le parc du domaine. Sun d’Ugo Rondinone glorifie la nature environnante par son cercle de branches d’or, Irina Rasquinet installe ses poupées russes de Mère Veilleuse au bord de l’étang et les étoiles de mer d’Elmgreen & Dragset se répandent sur les chemins, déjà en voie d’appropriation par la nature.

La lumière des mondes est une exposition résolument optimiste et pleine d’espoir, portée par un lieu incroyable. Une plongée dans l’art et la nature pour une parenthèse ressourçante.

 

La Lumière des mondes
Du 24 mai à fin décembre 2019
La Laiterie du Domaine des Étangs – Massignac

 

Visuels : 1- photo L. Larralde, Domaine des Etangs / 2- Louise Bourgeois, Lullaby, 2006 – Sérigraphie sur tissu, suite de 25 – 38.7 x 28.9 cm (44.2 x 34.3 cm chaque) – Courtesy © Christopher Burke / 3- photo L. Larralde, Anish Kapoor et Olga de Amaral / 4- Annette Messager, L’Immaculée Conception, 2017 – Acrylique sur papier, 77 x 57 cm – Courtesy de l’artiste et Marian Goodman Gallery, New York, Paris, Londres. ©Annette Messager/ADGAP 2018 – Photo : Rebecca Fanuele / 5- photo L. Larralde, Elmgreen & Dragset

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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