Politique culturelle
Dans la lignée des « Pandora Papers » : le retour d’œuvres pillées au Cambodge

Dans la lignée des « Pandora Papers » : le retour d’œuvres pillées au Cambodge

05 novembre 2021 | PAR Clémence Duhazé

Une semaine après la décision du Denver Art Museum (Colorado) de rendre quatre vestiges khmers au Cambodge, le gouvernement cambodgien demande la restitution de quarante-cinq pièces appartenant aujourd’hui au MET (Metropolitan Museum of Art) de New-York.

Les œuvres en question correspondent majoritairement à des statues, volées durant le régime totalitaire des khmers rouges entre les années 1970 et la fin des années 1990. Le gouvernement cambodgien s’appuie sur le témoignage d’un ancien pilleur de temple. L’homme aurait la volonté de se repentir, étant aujourd’hui en fin de vie. Il aurait été reconnu par la justice américaine en juillet dernier. Le ministre de la culture cambodgien Phoeurng Sackona déclarait au sujet de ces pièces antiques : « Nous voulons que la vérité éclate, nous voulons que tous les faits soient révélés. Nous voulons qu’elles soient toutes restituées. » rapporte le New York Times. Au-delà de ces 45 pièces antiques, le MET pourrait aujourd’hui encore conserver 150 œuvres pillées appartenant à l’Etat d’Asie du sud-ouest, provenant notamment du temple d’Angkor. Le ministre de la culture ajoutait : « ce sont des objets qui ont une âme, et il est très important qu’ils soient chez eux pour aider à restaurer la culture khmère ». 

Une affaire faisant suite aux « Pandora Papers »

Cette décision fait suite à celle que le Denver Art Museum avait pris une semaine plus tôt, conséquence de la révélation des « Pandora Papers ». Cette enquête a mis au jour un vaste réseau international d’évasion fiscale concernant, entre autres, des trafiquants d’art. Le marchand britannique Douglas Latchford, décédé en août 2020, était concerné. Les quatre pièces antiques restituées appartenaient à sa collection, dont il avait en partie fait don au musée de Denver. Les documents, rendus public en octobre, avançaient également que le collectionneur avait ouvert plusieurs fonds opaques afin de dissimuler une partie de ses biens. La justice américaine lui reprochait déjà, en 2019, d’avoir bâti sa carrière sur le pillage et la mise en circulation sur le marché de l’art de vestiges cambodgiens. Aujourd’hui, de nombreuses œuvres sont encore concernées par les « Pandora Papers », certaines étant aussi passées entre les mains de Latchford. 

Ces restitutions font écho à celles orchestrées entre la France et le Bénin fin octobre, image d’une dynamique européenne ayant la volonté de rendre ce qui a été volé. Les Etats-Unis semblent maintenant tout aussi concernés par cette prise de conscience.

 

Visuel : Reine khmère dans une posture d’adoration, XIe siècle, MET. © Wikipédia

 

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