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La Grèce continue de mettre Londres sous pression pour la restitution des marbres du Parthénon

La Grèce continue de mettre Londres sous pression pour la restitution des marbres du Parthénon

24 novembre 2021 | PAR Blaise Campion

Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a multiplié ces derniers jours les prises de parole au sujet de ce dossier épineux, qui oppose la Grèce et l’Angleterre depuis maintenant deux siècles. Boris Johnson a choisi de laisser la décision d’une restitution au British Museum de Londres, où sont exposées les sculptures.

Les marbres de la discorde

Se dirige-t-on vers l’épilogue d’un conflit juridique et hautement symbolique qui empoisonne les relations entre la Grèce et l’Angleterre depuis deux siècles ? La campagne pour la restitution des marbres du Parthénon a en tout cas été fortement relancée au cours des dernières semaines, à l’initiative du premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

Les marbres Elgin, du nom du diplomate britannique qui en fit l’acquisition en 1801 auprès des autorités ottomanes, constituent une part très importante des décors du Parthénon, ce temple monumental qui trône au sommet de l’Acropole d’Athènes, symbole des fastes du « siècle de Périclès ». La collection d’Elgin fut acheminée à Londres, avant d’être rachetée par l’État britannique. Le British Museum détient ainsi 75 mètres sur les 128 encore conservés aujourd’hui, de l’imposante « frise des Panathénées ». De nombreuses tentatives ont été faite par la Grèce pour se voir restituer ce qu’elle considère comme un trésor de son patrimoine historique. Enjeu mémoriel et politique, le musée de l’Acropole construit il y a quelques années à Athènes a été aménagé pour accueillir toutes ces pièces manquantes.

L’offensive du premier ministre grec

Dans un discours prononcé le 12 novembre à l’UNESCO, soutien de la Grèce dans ce dossier, Kyriakos Mitsotakis a rappelé que son pays célébrait cette année le 200e anniversaire de sa guerre d’indépendance, et qu’ainsi « il ne pouvait y avoir de meilleur moment que maintenant pour réunir la partie manquante des sculptures du Parthénon ».

Le 16 novembre, lors de sa réception au 10 Downing Street, par Boris Johnson, le premier ministre grec a pu évoquer directement la question avec son homologue britannique. Dans un communiqué publié au sujet de cette rencontre, le gouvernement britannique assure que Boris Johnson « a compris la force de sentiment du peuple grec sur cette question » mais qu’il a « réaffirmé la position du Royaume-Uni selon laquelle celle-ci relève des administrateurs du British Museum ». Une position plus neutre que celle qu’il avait tenue en mars, dans une interview au journal grec Ta Nea, il défendait la légalité des acquisitions du musée au regard des lois en vigueur à l’époque.

Cette neutralité n’a cependant pas été jugée satisfaisante par le premier ministre grec, qui a choisi de réitérer sa demande de restitution, publiquement, dans une tribune au Daily Mail parue dimanche 21 novembre. Dans celle-ci, il met en avant la grande culture classique de Boris Johnson, helléniste émérite et admirateur de Périclès, pour mieux réclamer plus de volontarisme de sa part dans ce dossier : « Près de deux-cents ans après la mort de Byron [poète anglais mort lors de la guerre d’indépendance grecque, ndlr], je pense que l’érudit classique qu’est Boris Johnson sait qu’il a une opportunité unique de saisir ce moment, et faire de cette génération celle qui aura finalement réuni les sculptures du Parthénon. Monsieur le Premier ministre, il est temps de saisir ce moment ». 

Affaire à suivre…

Visuel : Marbres Elgin au British Museum – © Wikipédia

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Blaise Campion

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