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Le succès de l’entrée en bourse de Twitter face à la crainte d’une bulle spéculative

Le succès de l’entrée en bourse de Twitter face à la crainte d’une bulle spéculative

10 novembre 2013 | PAR Pauline Benoist

Eté 2006. Un nouvel outil de microblogging apparaît sur la toile et deviendra l’un des plus gros réseaux sociaux du web 2.0. Sept ans plus tard, Twitter entre en bourse, à 26 dollars l’action. Mais l’IPO de Twitter est-elle une bulle financière prête à éclater ?

Le succès de l’introduction en bourse tonitruante de Twitter, jeudi 7 novembre, à la Bourse de New York, va t il durer ?
L’action Twitter s’envolait de plus de 70 % à la fermeture des marchés financiers. Le prix de l’action Twitter donc été fixé à 26 dollars. En diffusant 70 millions de titres, dans un premier temps, le groupe américain tente de lever 1,8 milliard de dollars. Alors, pour atteindre la levée désirée de 2 milliards, une option de surallocation (c’est à dire que la demande en actions excède l’offre) sur 10,5 millions de titres supplémentaires pourrait être exercée dans les trente jours suivants. Ainsi, la levée serait de l’ordre de 2,1 milliards de dollars.

Comment expliquer un tel engouement ?
Dès sont entrée en bourse, les investisseurs ont misé sur leur « feeling » estimant que le réseau social serait l’avenir de la Silicon Valley. Ils parient sur la notoriété de l’entreprise plutôt que sur sa rentabilité. Par ailleurs, si Twitter réussit son entrée en bourse là ou Facebook avait échoué, un an plus tôt, déstabilisant les marchés boursiers pendant quelques mois, c’est  que le site à l’oiseau bleu n’a pas cédé aux investisseurs qui lui conseillaient de monter le prix de l’action à 50 dollars et a conservé le prix attractif de 26 dollars pour chaque action

Pour François Vidal, rédacteur en chef de la revue économique Les Echos, de manière plus générale, la valorisation financière des titres high tech n’est pas forcément artificielle et souvent signe de bonne santé : « Dans ce secteur le secret reste de miser sur le bon cheval. La seule différence, c’est que quand cela arrive, dans la high tech le jackpot est assuré. Depuis sa cotation, Google a multiplié par 12 la mise de ses actionnaires. Pour Amazon, le multiple est supérieur à 200. De quoi expliquer le pouvoir d’attraction boursier du secteur. »

Mais derrière l’euphorie se pose la question d’une bulle financière
Malgré une réelle success story, une marque incontournable au niveau mondial et 230 millions d’utilisateurs, Twitter c’est aussi pour l’instant 133 millions de dollars de déficit. L’entité n’a encore jamais généré aucun bénéfice et Jacques Dorsey, le fondateur, annonce d’ores et déjà qu’elle ne sera pas rentable avant 2015. Ainsi, au moment de son entrée en bourse, l’entreprise est de fait valorisée à hauteur de 20 fois son chiffre d’affaires, à hauteur de 15 milliards de dollars. Certains économistes et acteurs du marché craignent donc que l’engouement pour ce nouveau titre cache une bulle financière. Selon Robert Shiller, Professeur en sciences économiques à l’Université de Yale, une « bulle spéculative » est « une situation dans laquelle des informations sur l’augmentation des prix provoque l’enthousiasme des investisseurs, qui se propage par contagion psychologique de personne à personne, ce qui a tendance dans ce processus à amplifier les histoires susceptibles de justifier la hausse des prix. Cela attire ‘un groupe d’investisseurs’ de plus en plus important, qui, en dépit des doutes sur la valeur réelle de l’investissement, sont attirés par lui en partie par l’envie des succès des autres et en partie par l’excitation de plus en plus grande d’un joueur. » Si on la considère comme détachée des réalités économiques d’une entreprise, la bulle de l’action twitter pourrait bien éclater… Bulle ou non le prix de l’action du site micro-blogging se porte bien mais devra faire ses preuves et transformer ses tweets en dollars.
« Nous pourrions ne pas être capables de devenir ou de rester rentables », affirme d’ailleurs Twitter à ses actionnaires. « Notre performance financière est et restera déterminée de manière importante par notre capacité à augmenter le nombre d’utilisateurs et leur niveau d’engagement sur notre plateforme, de même que le nombre de publicités. »
L’avenir de Twitter est donc déterminé par le niveau de recettes que Twitter parviendra à atteindre…

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Pauline Benoist

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