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La « Gucci Aria » de l’automne-hiver 2021-2022

La « Gucci Aria » de l’automne-hiver 2021-2022

17 avril 2021 | PAR Camille Bois Martin

Le dernier défilé Gucci par Alessandro Michele a déchiré la toile le jeudi 15 avril dernier. Boite de nuit, forêt sacrée, fourrure et bottes de pluie… La « Gucci Aria » est annoncée pour l’automne-hiver 2021-2022. 

*article à lire en écoutant Gucci Gang de Lil Pump 

                         

Le dresscode monogrammé du Savoy Club 

Dans une rue plongée dans une pénombre ensanglantée, un homme vêtu de Gucci de la tête au pied est accepté à l’entrée d’un club qui le reconnaît par le monogramme de ses lunettes. Les conditions pour passer l’hiver 2021-2022 sont posées. L’obscurité de l’extérieur laisse par la suite place à une boite de nuit aux murs recouverts de spotlights dont la piste de danse devient un runway.

Ce défilé de 94 looks célèbre les 100 ans de la marque et honore le Savoy Club dans lequel son fondateur Guccio Gucci a travaillé comme groom avant de découvrir la mode luxueuse de la haute bourgeoisie et, quelques années plus tard, lui même la vêtir. En 2021, pour entrer dans ce club très sélecte, il faut porter du Gucci ; même dans le nez, sur lequel on retrouve des piercings avec le logo (look 33 par exemple).

La première silhouette annonce les prochaines : un costume de velours pourpre au pantalon boot cut, une chemise bleue simple mais guccicace, et un accessoire en cuir entourant le cou et la taille du mannequin, proche des harnais d’équitation. Ce look se retrouve au féminin dans la 28e silhouette ; pas de différenciation entre le menswear et le womenswear, car, après tout, pourquoi faire? Aussi, l’accessoire de cuir se retrouve dans de nombreux autres looks et rappelle l’univers équestre dans lequel la marque de luxe inscrit son histoire, notamment par son logo même qui reprendre le mors de cheval (malgré son nouveau design plus arrondi aujourd’hui). Les mannequins se parent non plus de sacs mais de fouet (6e et 42e silhouettes), les chapeaux deviennent des bombes.

Paroxysme de la Gucci Mania, tout le défilé est accompagné de musiques répétant en rythme le nom de la marque (Lil Pump, Rick Ross, Future…).

Balenciaga rejoint la Gucci Aria 

Explosion d’émotions sur les réseaux sociaux après la diffusion du défilé : Balenciaga a rejoint la Gucci Aria, s’ajoutant à partir de la 21 silhouette aux monogrammes déjà très présents sur les vêtements du défilé. Le mannequin fait face aux photographes qui immortalisent cette rencontre visuelle forte par le flash de leur appareil encore plus aveuglant que le clignotement des spotlights bordant le runway. 

Dans un communiqué Instagram, Alessandro Michele reconnait en effet s’être inspiré de « l’anticonformisme stricte » de Demna Gvasalia, directeur artiste de Balenciaga depuis 2015. Plus qu’une inspiration, c’est une collaboration que l’on retrouve tout au long du défilé, visible dans ses formes mais surtout dans la multiplication des logos, et sublimée dans le look 43 par un ensemble de costume à paillettes : de la jupe au manteau, du collant jusqu’aux bottes. Le travail sur les matières et leur brillance magnifie le spectacle de cette rencontre, pour une silhouette loin d’être discrète, mais dont la coupe droite et près du corps rappelle le charme discret d’une bourgeoise et les paillettes le glamour d’un Hollywood dépassé.

Boules à facette et jardin d’Eden

Quand ce ne sont pas logos ou le nom de la marque qui ornent les vêtements, ces derniers foisonnent en plumes, fourrures, cristaux, velours… Tout les éléments d’une nouvelle Nature à la Gucci Aria. Alessandro Michele souhaitait, dans ce défilé, imaginer une nature luxuriante, questionner le temps destructeur de celle-ci, et revenir à un printemps insouciant, au jardin d’Eden, où tout fleuri, où tout continue de vivre. Le directeur artistique essaye de retrouver cette bouffée d’air dont on manque aujourd’hui, à l’origine de toute créature, de toute vie ; de notre Nature, à laquelle il dédie même ce défilé, concluant son communiqué à notre être « fragile et vulnérable« , à notre « capacité de renaître et de revenir à la vie après l’hiver« . Traverser l’hiver oui, mais pas sans un manteau Gucci.

Les sacs des mannequins reprenent la forme anatomique de notre coeur qui est jaune ou rose mais recouvert de cristaux ; le broches sont des brindilles d’arbre forgées dans de l’or ; les plumes des vêtements sont de couleurs artificielles. 

Après avoir défilé sous ces lumières aveuglantes, les mannequins pénètrent dans un jardin à la lumière encore plus troublante. Un jardin sacré, foisonnant, qui accueille toute créature, animale ou humaine. Les plumes des oiseaux se fondent aux plumes des vêtements, des chevaux blanc courent au rythme des mannequins ; l’homme rejoint sa nature profonde… et sa sexualité non normée… avant de s’envoler. 

 

visuel latitia larralde pour tlc

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Camille Bois Martin
Étudiante en Master de Journalisme Culturel (Sorbonne Nouvelle)

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