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Emmanuelle Bayamack-Tam remporte le prix Médicis pour son roman La Treizième Heure

Emmanuelle Bayamack-Tam remporte le prix Médicis pour son roman La Treizième Heure

09 novembre 2022 | PAR Mai Linh Tang Stievenard

Récompensée unanimement le 8 novembre lors de la 64e édition du prix Médicis pour son roman La Treizième Heure paru aux éditions P.O.L le 18 août, Emmanuelle Bayamack-Tam nous invite à une réflexion sur de grandes problématiques sociologiques et philosophiques actuelles à travers le récit d’une jeune adolescente vivant en communauté. 

Une autrice 

Emmanuelle Bayamack-Tam n’en est pas à son coup d’essai. Autrice prolifique ayant maintes fois figurée sur la liste Médicis, la professeure agrégée de lettres remporte cette année la prestigieuse distinction littéraire avec son 17e roman depuis Rai de cœur paru 1996. L’obtention de ce prix confirme ses talents de conteuse après l’obtention du prix Vialatte en 2015 pour Si tout n’a pas péri avec mon innocence et du prix du livre Inter en 2019 pour Arcadie, tous deux parus aux éditions P.O.L. 

La Treizième Heure : quand sonne l’heure de la révélation 

La Treizième Heure constitue le second opus de l’histoire de la communauté libertaire après Arcadie. Le roman donne la parole à Farah, adolescente intersexuée, Hind, sa mère l’ayant abandonné et Lenny, son père et fondateur de l’Eglise de la Treizième Heure. Dans ce roman polyphonique, Emmanuelle Bayamack-Tam nous invite à une réflexion sur de grandes questions socio-philosophiques telles que le genre, la famille biologique, les origines, les croyances mais aussi sur des thématiques universelles comme la vie, l’échec, la mort.

Au détour d’ateliers de déparasitages psychiques, de messes poétiques vénérant Rimbaud ou Nerval vécus par les membres de la congrégation millénariste, nous apprenons à reconsidérer le monde dans un état d’esprit empreint d’amour, de joie et de réconfort, hors de la violence comminatoire du monde.

Lettres et poésies au service d’une opinion politique 

L’âme de professeure de lettres de l’autrice ressort tout au long de l’ouvrage. Trois univers littéraires se bousculent, le roman pour Farah, la chanson populaire pour Hind et la poésie pour Lenny. Trois imaginaires qui se confrontent, s’unifient, entrent en contact et s’harmonisent pour nous permettre d’appréhender le monde au moyen de la langue et de la littérature. L’autrice ponctue son roman de citations littéraires et de vers classiques dissimulés dans le récit. A l’image des membres de la communauté libertaire du roman scandant des vers de Rimbaud et Nerval, sommes-nous, nous lecteurs, membres de cette congrégation millénariste et iconoclaste ? 

Emmanuelle Bayamack-Tam succède ainsi à Christine Angot qui avait remporté le prix en 2021 pour Voyage dans l’est, chez Flammarion

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