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Décès de René Girard : la philosophie en deuil

Décès de René Girard : la philosophie en deuil

05 novembre 2015 | PAR Kalindi Ramphul

L’académicien et philosophe René Girard est décédé mercredi, aux Etats-Unis, à l’âge de 91 ans, a annoncé l’université de Stanford pour laquelle il a longtemps travaillé en tant qu’enseignant. 

Dans un communiqué de presse, l’université californienne de Stanford a déclaré : «Le renommé professeur français de Stanford, l’un des 40 immortels de la prestigieuse Académie française, est décédé à son domicile de Stanford mercredi des suites d’une longue maladie». Avec lui, c’est donc 70 ans d’une carrière prestigieuse qui s’envolent. Bien trop méconnue du grand public français, l’oeuvre de René Girard a pourtant été très admirée au delà de nos frontières et traduite dans de nombreuse langues. L’auteur superbe de  Je vois Satan tomber comme l’éclair, avait déclaré au journal La Croix, le jour de sa réception à l’Académie française : « Pour un intellectuel qui a longtemps été considéré comme un auteur à contre-courant et atypique, l’élection à l’Académie est une forme de reconnaissance ». Le même jour, il avait ajouté : « Je peux dire sans exagération que, pendant un demi-siècle, la seule institution française qui m’ait persuadé que je n’étais pas oublié en France, dans mon propre pays, en tant que chercheur et en tant que penseur, c’est l’Académie française ». L’auteur de Mensonge romantique et vérité romanesque  était donc particulièrement dévoué à cette institution qui lui avait permis d’exister, de briller et d’être, tout simplement.

Né à Avignon le jour de Noël, René Girard était passionné par les religions et a ainsi fondé sa pensée sur les écritures saintes, autant lues que les grands classiques de la littérature (Proust, Stendhal ou Dostoïevski). Depuis 1947, il vivait aux Etats-Unis et enseigna dans de nombreuses universités comme Duke, Johns-Hopkins et surtout Stanford, en Californie, où il a longtemps dirigé le département de langue, littérature et civilisation française et où il vivait depuis 1995. Si les Français n’ont pas su accueillir René Girard comme il se devait, peut-être cela viendra t-il un jour car, comme le disait si bien Balzac, « La gloire est le soleil des morts ».

Visuels : ©DR

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Kalindi Ramphul

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