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Christophe de Margerie : un intérêt pour la culture

Christophe de Margerie : un intérêt pour la culture

21 octobre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Le PDG de Total est mort hier soir, suite à un accident d’avion. Il avait su continuer la mission culturelle assignée à la Fondation d’entreprise Total depuis 2008, notamment en soutenant financièrement l’éducation à l’art. Une question d’intérêt personnel.

Logo-Total-300x204Christophe de Margerie, 63 ans, est mort le lundi 20 octobre, lorsque l’avion privé qui le ramenait en France s’est écrasé au décollage, à l’aéroport de Vnoukovo, à côté de Moscou. Il était devenu le directeur général de l’entreprise en 2007, puis son PDG en 2010. Ce matin, les personnalités politiques saluent son intérêt pour le rayonnement industriel de la France à l’étranger. Le patrimoine culturel national était aussi l’une de ses préoccupations.

La Fondation d’entreprise Total s’employait, depuis 2008, à œuvrer dans quatre champs d’activité : l’environnement, la santé, la solidarité en France et la culture. Pour l’exemple, l’exposition Monumenta 2014, où furent invités les russes Ilya et Emilia Kabakov, était soutenue par cette Fondation. Récemment, dans le cadre de ses partenariats avec l’Etat, Christophe de Margerie avait apporté des fonds à l’aide à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, notamment par l’éducation artistique. Le 28 janvier 2014, la convention signée avec Aurélie Filippetti et Valérie Fourneyron apportait en tout 4 millions d’euros à des structures et des institutions développant des projets d’éducation artistique et culturelle, ainsi qu’à des initiatives relayées par le Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse. Avec pour objectif, selon le Ministère de la culture, de réaliser « les deux tiers des actions […] soit dans des territoires déficitaires ruraux, soit dans des quartiers prioritaires de la  »Politique de la Ville » ».

Total et l’art. Forcément, on repense au Festival d’Avignon 2013. Lorsque la manifestation avait « reçu le soutien de Total Congo » pour l’accueil des artistes congolais, nigérians, burkinabés, ivoiriens. Que ces derniers avaient obtenu de l’entreprise un financement pour pouvoir se produire en Avignon (lire notre article sur Avignon 2013 et Total).. Des partenaires privés étant toujours nécessaires pour que de tels événements aient lieu. En 2011 et 2012, le Festival des Francophonies en Limousin avait également eu recours au financement de Total Congo. Et Marie-Agnès Sevestre, directrice de la manifestation théâtrale, de nous expliquer que, les structures spécialisées dans la recherche de partenaires privés s’intéressant peu au théâtre, la recherche de fonds en revenait souvent à en appeler à l’intérêt personnel des détenteurs de l’argent dans ce secteur privé. Or Jacques Azibert, avant-dernier directeur de l’entreprise à Brazzaville, avait un « véritable intérêt » (M.-A. Sevestre) pour le développement des projets des artistes congolais. Une question d’intérêt personnel : c’est cela aussi, Total. Intérêt susceptible, même s’il existe toujours des contreparties, de prodiguer des fonds pour des projets artistiques.

Visuel : © logo de Total

L’interview stroboscopique : Benjamin Fincher
Le Nouvel Observateur rebaptisé L’Obs
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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