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Chantal Akerman : disparition d’une étoile

Chantal Akerman : disparition d’une étoile

06 octobre 2015 | PAR Kalindi Ramphul

Chantal Akerman, illustre réalisatrice, comédienne et auteur belge, s’est éteinte lundi 5 octobre à l’âge de 65 ans. Elle emporte avec elle quelques quarante années d’une carrière prestigieuse. Retour nostalgique sur un parcours hors du commun, ponctué de moments forts et exprimé à travers des oeuvres sublimes. 

La réalisatrice de La Captive, Chantal Akerman, est décédée lundi 5 octobre, a confirmé  son producteur, Patrick Quinet. La cinéaste, qui souffrait d’une maniaco-dépression difficile, laisse derrière elle 40 ans d’une carrière sublime, et pléthore d’oeuvres aussi sombres que magnifiques. Elle qui fuyait les feux des projecteurs a passé toute une vie à mettre celle des autres en lumière. Elle est née en 1950 à Bruxelles d’une famille juive-polonaise. Ses grands parents et sa mère avaient été déportés à Auschwitz, et seule sa mère en est revenue. Imprégnée d’un passif lourd, et pleine de fêlures évidentes, la cinéaste aimait à livrer un cinéma du vrai, de l’authentique, marqué souvent par la thématique de la mère, de l’identité du territoire et de la religion.

Elle s’est faite remarquer dans les années 70 grâce à son travail pointu dans Je, tu, il, elle ou dans 23, quai du Commerce mais aussi grâce à des oeuvres plus populaires comme La captive qui présentait une Sylvie testud renversante. La réalisatrice était, par ailleurs, férue d’art contemporain. D’ailleurs, elle avait exposé dans toutes les biennales importantes comme Venise (2001), Kassel (2002), ou encore Sao Polo (2010). Une artiste aux multiples visages qui aimaient à s’essayer à toutes les formes d’art.

Son dernier film « No Home Movie », dont la sortie est prévue prochainement en France, avait été présenté cet été  au Festival de Locarno, en Suisse. Si sa filmographie pointue et raffinée reste peu connue du grand public, Chantal Akerman a influencé de grands cinéastes comme Gus van Sant et se sera faite la voix d’une génération touchée par l’absence d’une famille victime des crimes nazis. Une carrière toute en subtilité avec l’accent un rien amer, caractéristique de cette artiste que l’on n’oubliera pas.

Visuels : ©DR

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Kalindi Ramphul

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