
Biac 2021 : Une revisite acrobatique du Lac des cygnes
Pour sa quatrième édition, la Biennale internationale des arts du cirque n’ouvre ses portes qu’aux professionnels, situation sanitaire oblige. Ces « rencontres professionnelles » organisées sur quelques jours au début février en partenariat avec la fondation BNP Paribas, permettent aux artistes de tout de même présenter leur travail devant du public. Le cirque Archaos, partenaire de la Biac, accueille la compagnie L’éolienne et Florence Caillon pour une mise en scène circassienne du fameux Lac des cygnes.
C’est une adaptation originale et surprenante du chef d’œuvre de Tchaïkovski qui est proposée lors de cette Biennale des arts du cirque 2021. Florence Caillon réarrange de manière moderne la partition du plus célèbre des ballets. C’est avec curiosité que les professionnels découvrent cette version circassienne du Lac des cygnes. Et la création de la compagnie L’éolienne tient toutes ses promesses.
Des cygnes particulièrement agiles
Les cygnes, trois blancs et deux noirs, sont déjà présents sur scène à notre arrivée. Ils se tiennent au sol dans des positions animales presque burlesques. Les cinq artistes (Lucille Chalopin, Marius Fouilland, Valentino Martinetti, Joaquin Medina-Caligari et Tasha Petersen) s’échauffent alors en réalisant leurs premières acrobaties et interagissant avec leurs camarades. Pour première surprise on constate que les interprètes du ballet restent plusieurs minutes à quatre pattes. Cette revisite du Lac des cygnes présente déjà une grâce tout autre, une grâce circassienne que l’on va apprécier pendant plus d’une heure. De nouveau debout, les cygnes découvrent un nouveau rapport à leur espace et à leurs congénères. Les jeunes et talentueux danseurs se donnent corps et âme dans des mouvements de groupes particulièrement bien chorégraphiés. Chacun capte l’attention avec sa propre singularité tout en restant en osmose avec les autres. Les premiers rapports entre cygnes naissent, soulignés par des pas où s’entrecroisent une agilité propre au cirque, et la grâce de la danse plus classique.
Un ballet moderne
L’originalité de cette reprise du Lac des cygnes ravie encore plus lors de passages en duo, en trio ou même en solo. Les cygnes se complètent dans des chorégraphies qui charment autant qu’elles peuvent impressionner. Cette grande diversité de mouvements avec main à main, portés, pas classiques ou contemporains, subjugue le spectateur. Tout cela est accompagné par une partition musicale retravaillée où se conjuguent une variété d’éléments. Florence Caillon incorpore, au possible grand drame de puristes classiques, des sonorités aussi surprenantes qu’appréciables (allant jusqu’à des mélodies house et hip-hop à certains moments). La chorégraphie s’adapte parfaitement avec cette partition revisitée du Lac des cygnes. La version circassienne du chef d’œuvre de Tchaïkovski étonne, mais est sans le moindre doute une véritable réussite. Les interprètes démontrent ici l’étendue certaine de leur talent d’artistes de cirque et de danseurs. La création de la compagnie L’éolienne et de Florence Caillon replace efficacement le cirque en tant qu’art, un art avec sa propre et originale patte qu’il ne faut certainement pas oublier.
La lac des cygnes
Compagnie L’éolienne/ Florence Caillon
Autrice, Acro-chorégrahe : Florence Caillon
Musique originale d’après Tchaïkovski : Florence Caillon (en collaboration avec Xavier Demerliac)
Création lumière et régie : Greg Desforges
Costumes : Emmanuelle Huet et Florence Caillon
Interprètes : Lucille Chalopin, Marius Fouilland, Valentino Martinetti, Joaquin Medina-Caligari, Tasha Petersen
Visuel : ©Albane Photographe