[LIVE-REPORT] 16ème gala des Etoiles au TCE

21 septembre 2013 Par
Yaël Hirsch
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Pour la 16ème année le Théâtre des Champs-Elysées a invité, trois soirs d’affilée une douzaine des meilleurs danseurs du monde à donner des performances brèves et poignantes en ouverture de sa saison. Du classique au contemporain, tous les répertoires sont permis. Hier soir, les danseurs venus du monde entier (Espagne, Suisse, Etats-Unis, Kazakhstan, Allemagne) nous ont proposé un très beau voyage, même si à travers les deux figures tutélaires de l’American Ballet Theater, Daniil Simkin, et du San Fransisco ballet, Maria Kochetkova, c’est encore et toujours les racines russes qui portent la grâce…

C’est devant une salle pleine et extrêmement attentive que les « étoiles du 21ème siècle » sont montées sur scène, selon une scénographie toute simple et qui a fait ses preuves aux 15 dernières éditions : scène vide, jeux de lumières minimaux, annonce titrée des compagnies/danseurs/chorégraphes qui se succèdent et la musique, jouée par sono. Chaque couple de danseurs fait deux tours de piste : un avant et un après l’entracte.

La première partie nous a replongés dans l’avant 1989 avec une performance entre ballet très classique et gymnastique rythmique de Madina Basbayeva et Tair Gatauov du Ballet de l’Opéra National d’Astana (Kazakhstan). A leur suite, Daan Venvoort et Mattia Russo de la Compania Nacional de Danza de Madrid, tranchaient dans leur sublime et contemporain « descamina de dos ».

Puis Elisabet Ros et Julien Favreau du ballet Béjart de Lausanne ont proposé un chef d’œuvre du maître qui nous a donné des frissons.

Enfin, après une très belle performance expressionniste de Evan McKie du Stuttgart Ballet sur du Mahler, Maria Kochetkova est entrée en scène en liane sylvestre, incontestablement première ballerine de la soirée, au bras de Taras Domitro.

C’est avec tambours et trompettes, habillés en petits soldats de Balanchine que Yana Salenko (Opéra de Berlin) et Daniil Simkin (American Ballet Theatre) ont clôturé cette première partie, sous une pluie d’ovation après des figures de styles tout  à fait incroyables.

La deuxième partie s’est située dans la continuité de la première, et nous a donné le temps d’assimiler un peu mieux le style et l’univers de chaque couple de danseurs. Dans une robe de poupée Fabergé rouge, Maria Kochetkova a sorti l’éventail. Mais le moment de grâce est venu de Daniil Simkin dans les quelques mesures des variations Goldberg qu’il a dansées en solo dans la chorégraphie de la « La pluie » de Martin Wullich avant d’emporter sa partenaire et son public dans la souplesse pure de mille mouvements qui n’en forment qu’un.

Un très kitsch mais traditionnel et aussi très tendre salut sur « Rien de rien » de Piaf est venu clôturer cette magnifique soirée de danse et de fête. Vous avez encore deux jours, ce week-end pour partir en orbite vers la danse des étoiles du 21ème siècle…

visuel (c) copie d’écran du site du TCE.