In Vivo Danse, le rapport de stage de Xavier Le Roy

1 juillet 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Xavier Le Roy est le chorégraphe à suivre. Le Théâtre de la Cité Internationale lui a consacré une résidence de trois ans et le Centre Pompidou, en 2014, dans le cadre de l’indispensable Nouveau Festival, lui donnait une carte blanche;, une « Rétrospective ». Ce ex universitaire qui offre un décryptage de notre monde par le mouvement a eu l’occasion de s’interroger sur les relations entre musiciens live et danseurs. Rapport de stage bilingue  hier sur le plateau de Beaubourg au cœur du festival Manifeste.

Durant 36h, au Centre National de la Danse (et son programme Camping) dans le cadre d’un partenariat nouveau avec L’Ircam, les spectacles vivants du Centre Pompidou, se tenait un atelier mené par le chorégraphe Xavier Leroy, le compositeur Tiziano Manca et la danseuse et chorégraphe Scarlet Yu dont la question était « Peut-on à la fois utiliser nos savoirs et nos expertises, et s’émanciper des positions dans lesquelles nos propres pratiques, et le regard des autres sur celle-ci, ont tendance à nous placer ? Pouvons nous redistribuer ces configurations ? Quelles sont les constructions , les attentes et les promesses de ces désirs ?

Sur le plateau plein et devant une salle qui restera allumée, Xavier Le Roy hésite entre l’anglais et le français avant qu’une danseuse ne le sauve en lui proposant de devenir sa traductrice. Le ton est donné, et c’est celui d’un manque et d’une hésitation. Il y a donc de la douleur et des non-dits que ce stage a permis de relever. Souvent, les musiciens accompagnent les danseurs. Que ce soit de façon illustrative comme dans la danse classique, de façon intégrée comme par exemple dans les travaux d’Anne Teresa de Keersmaeker, les musiciens ne se sentent pas « à leur place ».

Comment faire alors pour que chacun se sente chez lui sur scène ? Pendant une semaine, les stagiaires ont travaillé par paire composée d’un danseur et d’un musicien. Le public hier ne savait pas qui était qui, et c’est bien là que se niche la richesse du propos. Manifeste ouvrait sur Simplexity, La Beauté du Geste de Thierry de Mey qui justement faisait danser les musiciens et jouer les danseurs.

Durant le stage ils ont eu à affronter une partition de Bernhard Lang conçue pour quinze musiciens qui se sont ici dédoublés.  Échauffements, immobilité, cris silencieux… Xavier Le Roy qui s’amusait à faire un Sacre du printemps sans mouvements a donc mis toute sa grammaire au service de l’étude.

L’exercice, celui qui consiste à rendre compte d’un travail est à la fois déroutant et drôle, en tout cas, cela donne accès au secret de ce qui se passe en ateliers ou en répétition. Une chance.

Visuel : ©Vincent Cavaroc


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