Jeunesse
Ma danse, tout un art

Ma danse, tout un art

20 septembre 2022 | PAR Nicolas Villodre

Laurence Pagès et sa sœur, Sylviane Pagès, viennent de publier dans la collection jeunesse du CND le premier volet d’un triptyque destiné à familiariser petits et grands enfants avec l’art de Terpsichore. Les sensibiliser « à la danse dans ses multiples formes et esthétiques, mettre des mots sur leur pratique afin qu’ils investissent pleinement leurs gestes », tel est l’objet de cet ouvrage ayant pour titre Ma danse, tout un art !

Jouer avec la gravité

La danse peut être un jeu. Pour l’artiste chorégraphique (Laurence) et pour l’historienne de la danse (Sylviane), « rouler, chuter, sauter marcher, se balancer, trouver des appuis…, toutes ces actions, qui  font partie de l’art de la danse, sont autant de manières de dialoguer avec la gravité. » Les illustrations du livre, en couleur et en noir et blanc, font, dès la couverture, la part belle au contemporain. À des chorégraphes célébrés par la doxa, reconnus par l’institution, l’université (celle de Paris VIII), le milieu des programmateurs et des organisateurs de festivals. 

Naturellement, la danse est prise non seulement au sérieux mais au sens le plus large du terme. Le duo emblématique de la chorégraphie française des années 90, Chamblas-Charmatz, est mis sur le même plan que l’interprète fétiche du néoclassique Béjart, Jorge Donn. Les ballerines sur pointes de l’actuel Conservatoire national supérieur de musique et de danse côtoient le danseur de kathakali des années 60 et 70, Raja Reddy. Il va sans dire que le hip hop, remis en vogue par le TCD en 1996 à La Villette, cohabite sans aucun problème avec la nouvelle génération de la danse africaine. Cet éclectisme a pour limite un certain relativisme esthétique.

Improviser, ça ne s’invente pas

Tous ces possibles s’offrent aux jeunes adeptes. Leur seul embarras sera le choix et, pour leurs parents, le prix des cours dispensés dans le public ou dans le privé. Les diverses approches de la danse sont passées en revue. Démocratiquement. Sans hiérarchie apparente. Sont ainsi abordées nombre de techniques et d’exercices comme, par exemple celui des barres flexibles que préconisait la regrettée danseuse étoile Wilfride Piollet dans ses cours sans la béquille de la barre ni le reflet du miroir. Les chutes, le travail au sol, les acrobaties, les étirements, les sauts périlleux, les suspensions… quel que soit le genre chorégraphique. 

Une section enrichie de dessins et d’écritures du mouvement montre aussi la gamme infinie dans laquelle les élèves pourront puiser. Ce que dans le jargon on appelle volontiers la kinesphère. Qui dit rythme dit jazz et des personnalités de la danse telles que Joséphine Baker et le récemment disparu Arthur Plasschaert sont alors convoquées. Avec la danse postmoderne et la performance, les figures imposées deviennent des consignes, des concepts, des propositions. La notion de collectif conclut le livre.

 

Laurence Pagès et Sylviane Pagès, Ma danse tout un art, Collection « Jeunesse »,€ 17,90-ISBN : 979-10-97388-20-1. Pagination : 96 pages + plus de 70 illustrations in-texte couleurs. Format : 17 x 22,5.Parution en librairie : 6.09.2022

Visuel : Valeska Gert, Combat de boxe (1927), photo de Lotte Jacobi recadrée, p. 72 de l’ouvrage.

 

 

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