[Live report] Sum 41, Iggy Pop, Cassius & Foals à Rock en Seine

29 août 2016 Par Bastien Stisi | 1 commentaire

Après les très beaux lives de Damian Marley, de The Last Shadow Puppets et de Flavien Berger vendredi, et ceux de Sigur Rós et de Massive Attack samedi, l’édition 2016 de Rock en Seine se terminait hier, en apothéose rock, via une ultime journée absolument idéale.

Sum41, Iggy Pop : légendes en scène Idéale, parce qu’emplit de pas mal de nostalgie. Et parce que c’est potentiellement l’un des éléments centraux de la réussite d’un festival de cette ampleur, la nostalgie. Preuve en est, la petite folie furieuse qui accompagne, au-devant de la fosse, le live de Sum41, qui regroupe devant la Grande Scène un cocktail d’adolescentes punkettes et de trentenaires qui portaient dans les années 2000 le pantalon un peu plus large qu’aujourd’hui, tous ici pour saluer la venue à Rock en Seine des Canadiens et de leur chanteur Deryck Whibley, lui qui a bien failli y rester il y a deux ans (l’alcool, la drogue, tout ça tout ça) et qui, pour un individu en phase de convalescence, ne s’en sort pas trop mal. Très bien même, à en juger par la vitalité et par l’énergie que déploiera l’ancien mec d’Avril Lavigne (« je vous parle d’un temps que les moins de 30 ans risquent de ne pas connaître ») durant 1 heure de live absolument bouillant, qui verra défiler les tubes les plus incendiaires du groupe de punk rock phare des années 2000, de ceux issus d’All Killer, No Filler (« In Too Deep », « Fat Lip ») à ceux issus de Does This Look Infected ? (« Still Waiting », « The Hell Song » à « Over My Head ») en passant par « War » et « Fake My Own Death », les deux derniers morceaux parus cette année. Un medley de quelques petits classiques faciles (ou pas d’ailleurs) à jouer à la guitare, de « We Will Rock You » à « Seven Nation Army » au « Smoke On The Water » de Deep Purple, pour amuser la galerie. Ça sautille, ça pogotte, ça fait des doigts d’honneur au Monde, ça se souvient des années d’hier. Et franchement, ça défonce tout.

Autre époque pour autre légende, un peu plus tard sur la Grande Scène, où débarque l’immense Iggy Pop, sans les Stooges et sans tee-shirt non plus (le contraire en aurait surpris quelques-uns) à 19h45. Et si on a pris une bonne petite claque sur Sum41, c’est alors un sévère uppercut en pleine tronche que l’on prend ici. À 69 ans, l’Iguane qui nous avait déjà sévèrement bluffé au Grand Rex il y a quelques semaines, déploiera l’énergie d’un gosse de vingt piges (les rides et la démarche un peu bancale en plus, seulement) et fera danser, de joie et de fureur, un festival bien disposé à célébrer l’immense carrière d’un artiste dont on entendra les plus géants tubes, des titres issus du mythique album éponyme des Stooges (« 1969 », « I Wanna Be Your Dog ») à ceux issus de sa propre discographie, que ce soit ceux tirés de Lust For Lie, sorti en 1971 (« Lust For Lie », « The Passenger », « Some Weird Sign ») ou de Post Pop Depression, sorti en 2016 (« Sunday », « Break Into Your Heart »), tous entonnés par la même vitalité absolument hallucinante. Allers retours vers le public, gesticulations corporelles, torse suant : le gigantesque Iggy aura mis ce soir tout le monde d’accord, poursuivant de tisser, en live, les contours de sa propre légende. Un très très grand live.

Grand aussi, dans un autre genre, celui que donneront Philipe Zdar et Boombass (c’est-à-dire : Cassius) dans la foulée Scène de la Cascade, perchés sur même volcan qui illustre la pochette d’Ibifornia, leur quatrième album tout juste paru et dont les titres phares (« The Missing », « Ibifornia », « Go Up ») auront été joués hier soir, aux côtés, bien entendu, de « Toop Toop » et de « I <3 U », ces deux titres qui ont (largement) contribué à faire de Cassius l’un des plus prestigieux représentants, avec Daft Punk, AIR et St-Germain, de ce que l’on avait dû appeler, au cœur des années 90, la French Touch.

Foals : l’apothéose pour finir

Et puis, hommage ou pas (a priori, ce n’est pas le cas…), les Anglais de Foals joueront justement un peu plus tard « Cassius », ce morceau géant qui apparaît sur Antidotes, ce premier album avant-gardiste sorti en 2008 et qui avait lancé la carrière de ces Britanniques désormais habitués aux très grandes scènes de ces festivals qu’il faut bien finir par clôturer (c’était déjà le cas à We Love Green il y a deux ans). Et cette date-là, la dernière de leur tournée, s’avérera être l’une des plus grandes, en même temps qu’elle sera l’un des tous meilleurs lives d’une édition de Rock en Seine qui les aura cumulé (entre Sigur Rós, Massive Attack, Flavien Berger, La Femme et Sum41, on aura franchement été gâtés). Alors, Philippakis and co livreront un mix de leurs quatre premiers albums, d’Antidotes (« Olympic Airways », « Cassius ») à Total Life Forever (l’immense et progressif « Spanish Sahara »), d’Holy Fire (« My Number », « Providence », « Inhaler ») à What Went Down (« Mountain At My Gates », « A Knife in the Ocean », « What Went Down »), affirmeront, comme c’est décidément souvent le cas chez des artistes britanniques, leur dégoût pour l’ignoble brextit, et remercieront la France et Paris, cette cité qui les a si souvent accueilli (ils rappelleront les dates à La Flèche d’Or et à la Maroquinerie) et qui leur aura réservé, ce soir encore, une ovation absolument remarquable.

Visuels : (c) Robert Gil


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

COMMENTAIRES:

  1. Ping : Rock en Seine 2016 : une édition mitigée, sauvée par les Last Shadow Puppets - Mes Actus

Laissez un commentaire: