[Critique] du film « la promesse de l’aube », pas si prometteur que ça

1 janvier 2018 Par
Melissa David
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En salle depuis le 20 décembre, La promesse de l’aube, est une adaptation du roman éponyme et autobiographique de Romain Gary, écrivain incontournable du milieu du XXème siècle. Signé Eric Barbier, le film met à l’honneur Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney dans un duo mère/fils plutôt compliqué. 

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L’histoire commence par la fin : Romain Gary, écrivain français à succès, se laisse mourir au Mexique où il vient d’achever son dernier roman et sans doute le plus intime : La promesse de l’Aube. Dedans, il y retrace sa vie et plus particulièrement sa relation fusionnelle avec sa mère, Nina Kacew. Une relation marquée par les ambitions de cette mère, issue de la pauvreté polonaise, pour son fils qu’elle imagine ambassadeur de France ou encore écrivain célèbre.

Mauvaise adaptation cinématographique ou livre trop intime pour pouvoir être justement adapté ?

 Il semble difficile de répondre à cette question. Le roman de Romain Gary tourne bien autour de cette relation mère/fils à travers le ressentit de Romain qui peine à s’imposer et à combler les attentes de sa mère, et le film est à ce titre une adaptation parfaite du roman. Pour autant, il semble manquer un petit quelque chose qui pourrait être l’expression plus marquée des sentiments intimes et singuliers de Romain. Alors est-ce un problème de scénario ou d’interprétation du personnage principal, incarné par Pierre Niney ?  Il est vrai que certaines scènes du film nuisent à la crédibilité de l’histoire. Par exemple, la folie de Romain lorsqu’il est malade en Afrique est totalement grotesque et surjouée, tout comme la scène de sexe déjantée entre Romain et sa femme de ménage qui se veut comique mais qui ne fait que gâcher la sensibilité et la beauté du roman initial.Par ailleurs, l’omniprésence de la mère, qui on doit l’admettre est très justement interprétée par Charlotte Gainsbourg, apporte un aspect redondant au film. Du début à la fin, dans des décors différents, que ce soit en Pologne, à Nice, à Paris ou même dans les rêves de Romain elle tient le même discours : inciter et presser son fils à écrire un roman.

En d’autres termes c’est du Romain Gary objectif, dans la mesure ou le film est fidèle au roman, mais qui met de côté la subjectivité et la finesse de l’auteur. C’est bien dommage, car là est toute la beauté des romans de Romain Gary.

Crédits photo: ©Nicolas Velter