Streaming: Deal sur l’idée d’un revenu minimum pour les artistes

12 juillet 2017 Par
Gaspard de Florival
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Après une nuit de turpitudes au ministère de la culture, les différents partis ont convenu que les artistes interprètes empocheront au choix, soit une rémunération brute de 13 %, au lieu de 10,6 % aujourd’hui soit une avance de 500 euros pour tout titre inédit.

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Voilà qui devrait redonner le sourire aux artistes. Alors que 41% des dividendes perçues  dans la musique proviennent des plateformes de streaming comme Spotify, Deezer ou Youtube et que la faible redistribution de l’argent des plateformes aux artistes fait polémique, un accord signé dans la nuit du 6 au 7 juillet, devrait permettre aux artistes interprètes d’être mieux payés.

Selon le journal Le Monde, les représentants du Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) et de l’Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI) pour les producteurs, majors et indépendants, d’un côté, et les représentants syndicaux des artistes de l’autre (SNAM-CGT, SFA-CGT, CFTC et CFDT), qui avaient jusqu’au 7 juillet pour trouver un accord se sont réunis au ministère de la culture pour traiter de la question.

Il en est donc ressorti l’idée d’un revenu minimale. Celui ci évoluera de 10,6% à 13%, une fois que la convention collective nationale de l’édition phonographique aura été révisée. Un autre option sera aussi présentée aux artistes. S’ils le souhaitent, certains d’entre eux pourront choisir de percevoir à la place la somme de 500 euros brutes pour chaque morceau inédit. Une sécurité non négligeable, en somme. Cet accord s’adressera en priorité aux artistes les plus touchés par la précarité, pour qui le streaming s’apparente davantage à une bulle d’air qu’un tremplin.

Néanmoins, cet accord ne fait pas l’unanimité. Si les acteurs qui ont participé aux négociations ont salué cette avancée, Antoine Guéna, secrétaire de la GAM (Guilde des artistes de musique) explique au Monde qu’il est nécéssaire de tempérer la portée de ce deal. « Les 500 euros d’avance sont remboursables au producteur au titre de tous les revenus et pas seulement du streaming et, dans le cas du 13 %, il s’agit de recettes brutes, qui seront fortement minorées, parfois réduites de plus de moitié par les dépenses marketing. Au final, aucune rémunération minimum n’est garantie.»
S’il semble donc que la question de la redistribution de l’argent du marché du streaming (qui se chiffre à 143 millions d’euros en 2016) aille dans le bon sens, les discussions ne sont pas apaisées pour autant. En témoigne, cette fois-ci dans l’industrie cinématographique, le fait que Canal + refuse depuis décembre dernier de reverser les droits des créateurs aux auteurs pour des raisons économiques. Une nouvelle décision qui alimente, elle aussi, un débat où plusieurs groupes d’intérêts se font face.

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