Intermittents, où en est-on au vingt-et-unième jour de la grève ?

25 juin 2014 Par Amelie Blaustein Niddam | 2 commentaires

Depuis le 4 juin, les intermittents du spectacles sont en grève emmenés par la CIP, la Coordination des Intermittents et Précaires. En cause, la réforme de l’assurance chômage et les modifications des annexes 8 et 10 qui concernent le régime de l’intermittence. Le 19 juin Manuel Valls a rogné sur un point, celui qui visait à augmenter les délais de paiement mais a décidé d’agréer la convention de l’Unedic, cette association chargée par délégation de service public de la gestion de l’assurance chômage en France, en coopération avec Pôle emploi. Les mécontents restent nombreux et la grève continue.

COMMENTAIRES:

  1. colporteur

    Après les palinodies de Valls, ni câlins platoniques pour « la culture », ni plats de lentilles vide pour acheter une paix séparée,ce sont tous les chômeurs actuels et à venir qui sont cornés par cette convention :

    Valls nomme un ami des patrons sur le chômage des intermittents
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7217

    Rien n’est réglé, tout commence
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7182

    Il est dans la logique du pouvoir d’assigner chacun à ce qui lui est attribué comme place. Cette logique détermine ainsi un certain partage du sensible, c’est-à-dire une répartition de ce qui revient à chacun en fonction de sa place. Le partage du sensible, c’est donc tout d’abord un repérage des identités (lesquelles passent avant tout par les catégories socio-professionnelles, telles que « intermittents » ou même « artistes »), une distribution des visibilités et des modes de parole en fonction des lieux dans lesquels tel ou tel comportement, telle ou telle prise de parole est autorisée (théâtre, café, lieu de débat, etc.).

    La politique commence lorsque le partage du sensible est mis en question, c’est-à-dire lorsqu’il devient comme tel à la fois le terrain et l’enjeu de la lutte. Autrement dit, une lutte devient politique lorsque des individus et des groupes ne revendiquent plus leur place et leur identité. Lorsqu’ils assument de devenir indiscernables, et par là même, tendanciellement ingérables, là où le pouvoir se caractérise toujours plus par un souci de gestion, de faire de toute activité, invention ou forme de vie un objet de gestion.

    Dans la lutte des intermittents, quelques personnes ont commencé à dire : « il ne s’agit pas des intermittents comme profession, il ne s’agit pas des privilèges dus à l’artiste, qui n’est pas le seul à avoir besoin de temps pour penser et inventer ; il s’agit de ce qu’il y a de commun au-delà des métiers et des places ; il s’agit de la situation commune qui nous est faite, et qui détermine l’existence d’une communauté de fait ». Alors, nous sommes dans un régime de parole et d’action qui tend à brouiller les principaux éléments de gestion du pouvoir, c’est-à-dire qu’un régime d’énonciation politique est apparu.

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