Danse

La Fresque, un rendez-vous onirique d’Angelin Preljocaj

La Fresque, un rendez-vous onirique d’Angelin Preljocaj

11 décembre 2017 | PAR Marie Boëda

Angelin Preljocaj présente sa nouvelle création La Fresque au Théâtre de Chaillot. A partir d’un conte médiéval chinois, le chorégraphe nous berce entre représentation et réalité.

Deux voyageurs se réfugient dans un temple chinois un jour de tempête. Ils sont éblouis par une fresque représentant un groupe de femmes. L’un d’entre eux tombe amoureux de la plus jeune et plonge dans le tableau. Il prend place dans un monde imaginaire aux abords réels.  Ainsi Angelin Preljocaj questionne la réalité virtuelle dans laquelle vivent beaucoup de jeunes aujourd’hui, à travers les jeux vidéo et la prépondérance des images.

Une chorégraphie qui raconte une histoire

Ce qui rend les chorégraphies d’Angelin  Preljocaj accessibles à tout le monde, c’est leur capacité à raconter une histoire à travers la danse. Il combine les genres, les rythmes. La musique et la danse apportent avec clarté le message. Les différents tableaux sont marqués et tranchent les uns avec les autres ; un passage angoissant et aux allures guerrières laisse vite place à une ambiance douce et naïve.  C’est  parfois même un peu excessif dans un camp comme dans l’autre, mais la diversité des tableaux laisse peu de répit au spectateur et c’est ce qu’on demande.

La dernière séquence, qui signale le retour à la réalité, est réussie. Une créature à trois têtes et six bras, à l’instar des divinités hindoues, se transforme en trois hommes au costume surprenant qui partent dans des « katas » dansés et sortent notre voyageur amoureux de sa rêverie.

Une équipe bien ficelée

Outre cette capacité à raconter, Angelin Preljocaj semble avoir toujours le don pour s’entourer : lumière (Eric Soyer), musique (Nicolas Godin) et costumes (Azzedine Alaïa).

Les lumières ont un rôle important et peut-être même innovant. L’histoire parle d’un tableau. Grâce aux jeux de lumière, les danseurs se figent et l’on est face à un tableau encadré sur scène. Tout est mobile, on peut rétrécir le champ de vision du spectateur pour qu’il se concentre sur un point précis. Enfin, les costumes d’Azzedine Alaïa (décédé ce 18 novembre) donnent un ton élégant et moderne à ce conte d’un autre temps.

(c) Jean-Claude Carbonne

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Marie Boëda

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