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Le département de l’Aube célèbre les 900 ans de l’abbaye de Clairvaux

Le département de l’Aube célèbre les 900 ans de l’abbaye de Clairvaux

10 juin 2015 | PAR Sandra Bernard

Voilà neuf siècles était fondée l’abbaye cistercienne de Clairvaux par saint Bernard, en réponse au relâchement des moines vis à vis de la règle de saint Benoît. Homme charismatique, le jeune saint Bernard a rapidement vu sa congrégation augmenter et s’enrichir au point de devenir l’une des plus grandes abbayes de France, et dont le rayonnement s’étendait dans toute l’Europe. Pour commémorer la fondation de cette célèbre abbaye, une exposition et plusieurs lieux emblématiques de son histoire accueillent le public afin de présenter l’ordre et ses réalisations dans de nombreux domaines.

L’exposition  « Clairvaux. L’aventure cistercienne »  se déroule à Troyes et est consacrée à l’abbaye. Elle présente, suivant un ordre chronologique, la fondation et les fondateurs, puis l’âge d’or de l’abbaye, et encore comment elle a traversé les périodes troubles que sont la guerre de cent ans, le grand schisme d’Occident et les guerres de religions, son renouveau puis son évolution après la Révolution. Relativement petite mais dense, y sont présentés des pièces d’orfèvrerie, des ouvrages enluminés, des peintures, des textiles, des objets liturgiques, des reconstitutions architecturales en 3D, etc.
La scénographie s’avère efficace et esthétique. L’éclairage doux, les cartels bilingues, les vidéos sous titrées, les accrochages concourent à rendre l’exposition accessible au plus grand nombre. Notons que pour des raisons de conservation, une rotation de certaines œuvres est organisée (en particulier des manuscrits) et que la climatisation est relativement fraîche.

A quelques kilomètres, l’abbaye de Clairvaux reçoit les visiteurs dans la partie occupée par le ministère de la culture. En effet, depuis la Révolution française, l’abbaye est devenue une prison dite « centrale ». Les anciens bâtiments monastiques ont alors été reconvertis en cellules pour hommes, femmes et enfants (à partir de cinq ans). Les enfants et les femmes ont quitté les lieux dès le XIXe siècle. Quant à la prison pour hommes, qui occupait l’ancien cloître du XVIIIe siècle, elle a accueilli entre 1500 et 1700 détenus dans des conditions extrêmement précaires. Les derniers détenus ont quitté les bâtiments vétustes en 1971. Les bâtiments, confiés au ministère de la culture en 2002, sont toujours en cours de restauration, mais les marques du passé carcéral sont visibles, assumées et conservées. Les visites, obligatoirement commentées, mettent en lumière l’ambivalence de ces bâtiments, dont le passé alliant 700 ans de monachisme et 200 ans de vie carcéral, n’est pas évident au premier regard. Il se dégage une certaine émotion ainsi qu’un sentiment de malaise de cet ensemble monumental et, à de rares occasions, un peu de spiritualité, comme dans le réfectoire des moines fraîchement restauré. Dispositions particulières : dépôt d’une pièce d’identité (carte d’identité, passeport, permis de conduire, etc.) obligatoire pour les visiteurs de plus de 18 ans, photographies interdites et téléphones portables éteints.

Autre lieu lié à Clairvaux, mais plus rarement ouvert au public (dans le cadre d’un forfait de séjour dans l’Aube « sur les traces de saint Bernard de Clairvaux »), citons les caves de la maison familiale Drappier, grand nom du champagne de distribution sélective. Ces caves, créées au XIIe siècle par saint Bernard et ses compagnons, sont utilisées depuis 1808 dans l’élaboration de champagnes par la famille Drappier. Lors de la visite, toute les étapes de la création du champagne de la maison sont expliquées.


900 ans de l’abbaye de Clairvaux, un joyau… par SB-Paris

Informations pratiques :

exposition : Exposition Clairvaux. L’aventure cistercienne
Hôtel-Dieu-le-Comte, Rue de la Cité, 10000 Troyes, du 5 juin au 15 novembre 2015. Ouverte de 9 h 30 à 19 h.

Abbaye de Cairvaux : Clairvaux, 10310 Ville-sous-la-Ferté

Visites de 9h30-19h, Prix : de 4€50 à 7€50 

Visuels : © Sandra BERNARD

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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