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Une Reveal Party sous le signe de la ‘dig’ artistique

Une Reveal Party sous le signe de la ‘dig’ artistique

18 mars 2022 | PAR Lison Rabot

En plein coeur du Marais, le 3537 consacrait ses espaces ce mercredi 16 mars à l’événement Where Inspiration Arises. À l’occasion du lancement du réseau social PACO, une nouvelle plateforme de partages de références artistiques, le spot culturel donnait carte blanche à différents artistes pour investir les lieux, un DJ set et des expositions de qualité étaient au rendez-vous.

Le lancement d’une app dédiée aux passionnés de l’art

C’est dans l’ancien hôtel particulier rue des Francs Bourgeois que se célébrait l’ouverture de l’application française PACO, ‘digging culture’. L’identité très forte du 3537 donnait corps à l’idée portée par le trio de fondateurs de PACO de voir l’art comme un espace de collaboration et de partage.

Venons-en à l’application : disponible gratuitement depuis mercredi matin sur iPhone, et bientôt depuis le Play Store de Google, elle s’adresse à tous les férus de musique, de cinéma, de littérature, d’art. Le concept se veut simple et généreux : chaque utilisateur peut mettre en avant des oeuvres qui l’inspire, répertorier ses références sous forme de posts esthétiques et surtout les faire découvrir à son réseau de passionnés. En plus de permettre aux ‘diggers’ l’accès aux inspirations de leurs créateurs préférés comme à celles de leurs potes, PACO s’engage à défier les algorithmes et tirer de l’ombre les sous-genres artistiques. L’application propose une base de données sur toutes les œuvres référencées, et des fonctionnalités spécifiques à l’art pour répondre à votre curiosité.

Evidemment, on peut se questionner sur la faisabilité pour un réseau social de s’enfreindre des recommandations standardisées, et pour cela le réseau veut être centré sur l’humain. Selon Arthur Hadade, cofondateur, la vraie vision de PACO c’est penser que « Les goûts ne se modélisent pas mathématiquement » et c’est pour cela que « le parti-pris est de suivre une personne » et non pas des tendances, « dont la curation sera toujours plus riche que les algorithmes ». Les concepteurs lèguent ainsi une grande responsabilité aux utilisateurs pour recommander, faire fleurir la diversité et le pluralisme artistique, au sein d’un réseau qui soit « à rebours des tendances, avec un contenu différent de ce dont tout le monde parle ».

Un focus sur des artistes inspirés et inspirants

Les murs désaffectés du 3537 exposaient les travaux, les idées et les histoires de six artistes venus promouvoir leurs projets, portés par la même ambition que PACO : solliciter l’inspiration et presser la curiosité. Tous les exposants avaient, associé à leurs oeuvres, un QR code conduisant vers leur profil PACO qui invitait les visiteurs à s’infiltrer dans les coulisses de leurs créations, plonger dans leurs imaginaires. Trois espaces leur sont confiés, et ce jusqu’au 20 mars suite au succès de cette soirée de vernissage.

Enfant précoce, une ode à la culture du monde. Accompagné des personnages qui ont peuplé son corps d’enfant et nourri son esprit artistique Francis Essoua, de son vrai nom, est artiste peintre mais surtout un explorateur des couleurs et du geste. Né au Cameroun en 1989, mais fièrement ‘citoyen du monde’, il découvre l’art auprès de son oncle Malam Essoua, sculpteur mis à l’honneur. Une oeuvre collaborative grand-père petit-fils, s’impose au centre de son exposition. Une tête, à la forte prestance invite à faire s’entremêler les histoires de toutes les figures hyper expressives qui l’entourent et les inspirations qui se propagent dans les canaux de ces tuyaux recyclés.

Manipuler le flux constant et infini d’images. Diplômée de l’École des Beaux Arts de Cergy, Juliet Casella exploite la saturation visuelle d’internet avec exigence et méthode pour composer ses œuvres. Elle manipule le temps et le mouvement dans un style fragmenté qui propose une vision singulière de l’enfance, de son innocence et de la violence auxquels certains enfants font face dans le monde d’aujourd’hui. L’artiste a expérimenté de nombreuses pratiques artistiques, notamment la performance, le dessin, la sculpture, et le collage qu’elle maîtrise à la perfection. Depuis peu elle s’exprime sur un nouveau médium la peinture, qu’elle choisit de présenter ce week-end selon une trame esthétique du désastre. Son espace demeure libre d’accès jusqu’au 20 mars, et on vous engage à aller vous familiariser à cette forme de composition si singulière.

 

Un lieu d’infinies possibilités scénographiques, idéal pour la prise de parole de PACO

Arthur Hadade précise en parlant des artistes présents, « c’est un rassemblement d’artistes qu’on adore ». En quelque sorte cette soirée était une transgression du digital vers le réel, du concept de l’application vers une participation physique. Les fondateurs ont présenté au public des artistes à leurs goûts. Vous retrouverez l’univers méticuleux et utopique de l’artiste français Octave Marsal. Les oeuvres de l’espagnol Pepo Moreno sont également présentées. Elles réfléchissent les stéréotypes de la culture homosexuelle et queer dans la pop culture occidentale, s’en moquent et les célèbrent selon toutes les contradictions que ses sujets vivent et sous-entendent. Mariana Matamoros expose dans la dernière salle ses clichés sans flash des soirées techno Possession. Des corps en bleu puis des corps en rouge, les spots des festivals lui offrent les ombres nécessaires et subjectives capables de capter la fusion des corps. Dans la dernière salle, les invités étaient amenés à danser sur un DJ set échauffé. Isa Tchesnokova, WarrenKo, puis le duo Godspeed ont fait vibrer les sous-sols de l’ancien hôtel accompagnés des travaux visuels de l’artiste VJ Rien. Plongé dans une ambiance cinématographique et digitale, l’artiste nous laissait profiter de ses travaux au rythme des basses. Le 3537 proposait, comme à son habitude, une utilisation pertinente de ces différents espaces, et c’est dans ce type d’écosystèmes de collaboration artistique que veut se developper l’application, en espérant bientôt devenir un rendez-vous régulier de la culture de niche.

Visuel :  affiche de l’événement Reveal Party x PACO, Sans titre, Malam x Enfant précoce, 2022, Paul Enfant, Enfant précoce, Virtual Playground, Juliet Casella, 2020, Light in the dark, Juliet Casella, 2022, Make apocalypse great again, Juliet Casella, 2022. © Reveal Party x PACO

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Lison Rabot

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