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Le petit garde rouge: récit naïf au coeur de la Chine maoïste

Le petit garde rouge: récit naïf au coeur de la Chine maoïste

18 mars 2022 | PAR Jacques Emmanuel Mercier

François Orsoni et Chen Jiang Hong proposent une exploration du dessin, de la musique au cœur d’un récit sur scène sur le parcours d’un enfant tourmenté durant la révolution culturelle chinoise.

Les deux complices ne sont pas à leur coup d’essai. En 2008, déjà ils créent Contes Chinois, une adaptation d’un album de Chen Jiang Hong. Ici, c’est son album Mao et moi qui sert de toile de fond au récit. C’est Chen qui raconte son histoire. Armé de ses pinceaux, son parcours se dessine pendant l’heure de spectacle sous nos yeux, un parcours initiatique. Accompagné de danseuses, et d’un conteur sur scène, on voit ainsi les dessins de l’artiste prendre vie grâce à une toile blanche en fond de scène.

Chen Jiang Hong est peintre illustrateur vivant en France depuis déjà plus de 30 ans, c’est son histoire que l’on découvre sur scène ici. François Orsoni est metteur en scène, les deux travaillent ensemble depuis plus de dix ans. Contes chinois, la première collaboration adaptée de l’œuvre du dessinateur sur scène avait eu un grand succès. Ici le récit est sans doute plus personnel, se concentrant sur la vie de cette famille, touchant à des sujets comme la découverte de la mort, l’apprentissage du vélo et les humiliations publiques dans la Chine des années soixante.

Une découverte de la Chine maoïste

Pendant une heure, nous découvrons ce jeune garçon qui pousse, sans vraiment comprendre, à l’ombre de la Révolution chinoise. Souvent touchante, grâce à une naïveté enfantine, on suit au travers des yeux de Chen les évènements qui l’ont marqué.

Selon lui, une révolution c’est le soulèvement par lequel une classe sociale en élimine une autre. Un récit doux, où un enfant de la Chine du nord ne comprend pas tout. Par exemple, ce qu’implique cette révolution culturelle : les rationnements, l’embrigadement de la jeunesse. Et l’ on découvre alors justement, sur scène, la fierté liée à cet embrigadement.

Un enfant dans la révolution culturelle

Le petit garde rouge nous permet de découvrir la vie de ce garçon de famille pauvre. Par opposition aux princes rouges qui sont eux les enfants des très hauts dignitaires du Parti communiste à l’époque. Sans jamais être critique envers le régime chinois maoïste, ou le régime chinois actuel, ne parlant que de son histoire, n’établissant que des faits sur son enfance. C’est le Chen enfant qui nous parle, non le Chen adulte. Le regard se decale dans le temps. On découvre d’un œil adulte une époque marquée par la propagande, marquée par une violence qui apparaît normale aux yeux de Chen.

Les enfants apprécieront eux aussi. Déjà, la beauté des dessins, celle des danses, le voyage proposé par ce spectacle leur est avant tout destiné. François Orsini, le metteur en scène, le dit, « c’est un récit à hauteur d’enfant : dans une famille de classe moyenne, un petit garçon voit son cocon brusquement percuté par le choc exogène de la révolution culturelle. »

La pièce se donne jusqu’à demain à la MC 93 de Bobigny, vous pouvez toujours par la suite découvrir les albums et récits de Chen Jiang Hong.

Article écrit avec la collaboration de Lison Rabot

Visuel : autorisation d’utilisation par le service de presse

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