Musique
Genesis : Un dernier domino pour Paris

Genesis : Un dernier domino pour Paris

19 mars 2022 | PAR Clara Bismuth

Ce jeudi 17 Mars, sonnait le grand retour de Phil Collins à Paris La Défense Arena . Genesis, le groupe de rock mythique depuis plus de cinquante ans, entamait alors sa tournée d’adieu à la capitale, dans un show inoubliable. The Last Domino? Tour VIP était donc l’occasion unique de célébrer le trio britannique : Phil Collins, Mike Rutherford et Tony Banks. Live report.

Fans inconditionnels, adolescents admiratifs, ou encore parents nostalgiques, Genesis a su rassembler le temps d’une soirée, toutes les générations. Car comme son nom l’indique, le groupe est à l’origine d’une histoire commune, d’une création ancienne qui s’est alors développée dans les esprits de chacun. Si pour certains, il fait écho à une jeunesse passée, pour d’autres l’on évoquera plutôt les karaokés corporates d’un samedi soir, ce titre en boucle qui passait sur RTL2 ou encore les moments pères-fils suivit du fameux : «  Tu vois, ça, c’est de la musique ! »

Et pour se rendre tout simplement compte de l’ampleur du phénomène, il suffisait de lever la tête, pour contempler 37 000 visages enchantés par l’événement. Le temps de remplir les verres et de terminer la séance selfie, que résonnent les notes du « Dead Already« , de la BO du film culte de Sam Mendes «Americain Beauty ».

Lorsque l’on découvre la silhouette du chanteur, c’est un mélange de joie et de tristesse qui empare le public. Phil affaibli, marche d’un pas lent et douloureux malgré l’aide de sa canne. Suivit de près par Mike Rutherford et Tony Banks, on découvre aussi son jeune fils Nicholas Collins à la batterie, et Daryl Stuermer.

Sans perdre plus de temps, c’est avec le titre  « Behind The Lines » que le concert débute suivi de « Turn It On Again ». Un choix peu anodin, puis qu’il s’agit d’une chanson issue de leur album « Duke », premier disque à présenter des éléments composés par les trois artistes. Une belle manière de souligner que Genesis, est avant tout un groupe !

Quarante ans plus tard, « Turn It On Again », plus que d’actualité, souligne nos addictions aux médias télévisés, et la difficulté à différencier le monde réel du virtuel. Désormais, Phil Collins affaiblit par le temps, ne dispose plus de la même fougue lorsqu’il faut envoyer de la voix sur « Mama » ou « Land Of Confusion ». Sur ce dernier titre, le chanteur de ne manquera pas de rappeler le contexte politique de l’époque, où la menace d’une attaque nucléaire en pleine guerre froide était omniprésente. Désormais, « Land Of Confusion » fait aussi écho au conflit entre la Russie et l’Ukraine, et Phil ne se retiendra pas de lâcher un : « Poutine, fucking idiot ».

L’autre belle révélation de la soirée est donc Nicholas Collins, qui par sa maîtrise et sa passion, épaule magnifiquement son père sur cette épreuve d’un live long et intense. Qui dit concerts à Paris La Défense Arena dit aussi animation vidéo, et jeux de lumière époustouflante. Ambiance verte et visage du « Cri » de Munch pour imager la célèbre maison hantée de « Home By The Sea », lumière bleues apaisantes pour souligner la douce pesanteur de « Fading Lights » ou encore puit de lumière plus traditionnel lors du très good vibe « That’s All ».

Un spectacle gorgé de générosité et qui laisse aussi place à l’humour bon enfant de Phil Collins. Toute la salle est conquise, d’autant plus lorsqu’arrive le récit horrifique de « TonightTonightTonight » et « Invisible Touch » de l’album éponyme. Difficile de croire que l’artiste se serait risquer à chanter «  Can’t Dance », et pourtant. Phil Collins ne peut vraiment pas danser, et sa démarche est devenue sa nouvelle image, mais il n’est pas ridicule pour autant. Avec ce nouveau corps, c’est une autre interprétation, peut-être plus sincère, qu’il nous ait possible d’écouter.

Une performance qui s’achève sur les notes de « Dancing With The Moonlit Knight » avant de tirer sa révérence dans l’humilité et les ovations. 

Visuels : © PATRICK BALLS MARTIN GRIFFIN

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Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

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