Restaurants & Bars
Les restaurateurs vous certifient enfin du « fait maison »

Les restaurateurs vous certifient enfin du « fait maison »

18 juillet 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

Mardi 15 juillet est entré en vigueur le décret relatif à la mention « fait maison », mettant en avant les plats entièrement élaborés « sur place », à partir de « produits bruts », n’ayant subi « aucune modification », pour valoriser le « savoir-faire » des restaurateurs, la qualité des plats et ainsi limiter la malbouffe.

De nos jours, selon une étude du Syndicat National des Hôteliers, Restaurateurs, Cafetiers et Traiteurs, un restaurant sur trois utilise des produits industriels. Et cela va de la pâte à tarte prête à dérouler, à la brandade de morue pré-faite. De plus, le côté sanitaire des kebabs et autres fast-foods en France étaient longtemps dans le viseur des autorités sanitaires. Puis est venue la ration de lasagne congelée servie dans une auberge italienne à Paris, des calamars cuits à la basquaise se battant en duel avec des morceaux de plastique des fondants au chocolat particulièrement chimique…en d’autres termes, le roi de la gastronomie, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco il y a trois ans, est en déclin.

Désormais, les restaurateurs pourront donc signaler sur leur carte les plats « faits maison ». Tout ne sera pas fait maison, des denrées congelées pourront toutefois être utilisées. Cela dit, le ras le bol grandissait de plus en plus : « du professionnel au consommateur, le ras-le-bol était général. Il était urgent de mettre un frein à l’utilisation de préparations agroalimentaires vendues à un prix élevé comme du fait maison », a déclaré Pascale Got, députée socialiste de Gironde.

Quels produits concernés par ce décret ?

Selon l’article D.121-13-1 du décret n°2014-797 les produits bruts sont définis comme des produits alimentaires « n’ayant subi aucune modification importante, y compris par chauffage, marinage, assemblage ou une combinaison de ces procédés ». Ce qui entre aussi en compte dans la composition d’un plat « fait maison » sont des produits pouvant être « épluchés, à l’exception des pommes de terre, pelés, tranchés, coupés, découpés, hachés, nettoyés, désossés, dépouillés, décortiqués, taillés, moulus, ou broyés, fumés, salés ». Des frites surgelées ne sont bien évidemment pas considérées comme « faites maison », contrairement à une ratatouille préparée à l’aide de légumes surgelés.

La liste des produits dit « fait maison » englobe aussi « salaisons, saurisseries et charcuteries – à l’exception des terrines et des pâtés – fromages, matières grasses alimentaires, crème fraîche et lait, pain, farines et biscuits secs, légumes et fruits secs et confits, pâtes et céréales, choucroute crue et abats blanchis », ainsi que « levure, sucre et gélatine, condiments, épices, aromates, concentrés, chocolats, café, tisanes, thés et infusions, sirops, vins, alcools et liqueurs, pâte feuilletée crue ».

Ce décret apportera, espérons, une plus grande qualité dans nos assiettes, pour le plus grand plaisir des clients, ainsi qu’une meilleure santé. Rappelons que presque un français sur trois est en sur-poids, et qu’à cinq ans, un enfant sur six est obèse. Le b A ba pour déceler en apparence de la qualité se trouve sur la carte. Il faut privilégier un menu relativement succin ou une simple ardoise avec trois à cinq menus du jour plutôt qu’une carte interminable.

Visuels : Creative Comments Wikipedia

« La Mate » : une ode à la femme à la Maison des Métallos
[Festival d’Avignon] Dieu, Ghelderode et la musique : trop gros pari pour « Huis »
Alexander Mora-Mir

One thought on “Les restaurateurs vous certifient enfin du « fait maison »”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


    Soutenez Toute La Culture