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Seyit Ares prône l’amour pour sauver le monde !

Seyit Ares prône l’amour pour sauver le monde !

19 mars 2020 | PAR Cloe Assire

Le dimanche 1er mars à 15h, Seyit Ares présentait sa collection automne-hiver 2020/2021 dans la superbe rotonde de la Galerie Colbert, surmontée de son incroyable coupole en verre. Intitulée « Black is beautiful pose », cette ligne proposée par le créateur allemand se veut audacieuse pour une femme extravagante qui, au premier abord, semble prête à remplir le Stade de France. 

Construite en 1823 à deux pas de la Galerie Vivienne, la Galerie Colbert est davantage tournée vers la culture que la mode en abritant notamment l’INHA (Institut National d’Histoire de l’Art) et l’INP (Institut National du Patrimoine). Un lieu étonnamment classique pour un défilé énergique ! La présentation s’ouvrit en effet avec trois danseurs masculins tout de noir vêtus et perchés sur des talons vertigineusement hauts : un air de show Drag Queen plane dans l’atmosphère ainsi que des influences issues du kazatchok, une danse traditionnelle ukrainienne. « Je sens que je vais bien aimer cette marque : elle semble un peu farouche » me glissa ma voisine de front row avec un clin d’œil juste avant l’entrée en scène de la première mannequin.

Les tenues proposées par le créateur oscillent entre tenues de soirées et costumes de scène tant pour les femmes que pour les hommes. On ne sait plus où donner de la tête entre les paillettes, les tissus irisés, les franges, les épaules démesurées, le tulle, les broderies, les couleurs criardes : too much et kitsch dirons-nous. L’influence du mouvement disco est indéniable, en particulier avec les combinaisons-pantalons glitter et les robes courtes moulantes.

Seyit Ares profite de ce défilé pour défendre la communauté homosexuelle en faisant défiler deux hommes, main dans la main, dont l’un brandit un ballon siglé de l’impression « Love is Love ». La forme de celui-ci présage quant à elle une série de vêtements à la structure étonnante, les manches semblant gonflées à l’hélium. Nombreuses sont également les créations à dissimuler les épaules des mannequins derrière d’immenses ailes. La femme se voit ainsi glorifiée, divinisée : on semble en effet lui vouer un culte mais aussi lui attribuer des super-pouvoirs qui, associés à l’amour, semblent lui faire prendre contrôle du monde symbolisé par son laisser-aller actuel.

La force de l’amour – ce sentiment si fort capable d’unir les Hommes – est ici symbolisé par la forme récurrente du coeur, que ce soit pour les sacs à main mêlant tulle et miroir que pour le contour réinventé des épaules. On le trouve également en rouge vif sur fond noir, agrémenté de perles brodées sur le devant d’une robe ou à l’arrière d’un manteau. De quoi également accentuer la libido que l’on imagine décuplée dans ces vêtements en latex agrémentés de petites ceintures servant de colliers. Notons que le coeur semble donc être un motif important à retenir pour l’hiver prochain, comme avait déjà su nous le montrer le coréen Kiminte Kimhekim dans un tout autre registre. 

Mais qu’en est-il de nos coups de cœur pour cette collection ? Un tailleur en PVC aux reflets sensationnels ! Impossible en effet de passer inaperçu dans  la rue avec un tel look conférant de suite un incroyable charisme. Pour le soir, rien de tel qu’une mini-jupe assortie à une sorte de cape argentée et ajourée pour laisser voir un petit bustier semblant moulé dans du métal (image mise en avant). Petit bémol cependant : ce type de haut est récurrent dans la collection mais manque souvent d’ajustement ce qui semblait particulièrement inconfortable pour celles qui le portaient, en particulier associé à un jupon en tulle rouge.  Mais c’est surtout une longue robe en résille noire qui posa problème puisque, à peine sortie des backstages, la modèle dut rebrousser chemin étant dans l’incapacité de défiler, ses talons se coinçant dans les plis de la robe…

Malgré une expression énergique de son univers créatif personnel, le couturier Seyit Ares n’a pas su totalement convaincre la rédaction cette saison en raison d’un manque de confort évident pour certaines mannequins. Cependant, il est indéniable que la clientèle fidèle au créateur pourra se voir séduite par ses tenues extrapolant la confiance en soi quitte à se mettre en scène pour devenir celle ou celui que l’on a envie d’être. Et rien de tels que certains de ces looks pour briller sous les feux de la rampe en laissant la possibilité à ses clients et clientes de s’exprimer tout aussi librement qu’il a pu le faire. 

Visuels : Blake @blake.photos75

Vidéos : @OnlyFashionNetwork

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Cloe Assire

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