Mode
Rencontre avec Adeline André : « Le contexte sanitaire, s’il impose des difficultés pratiques, n’altère en rien mon processus créatif »

Rencontre avec Adeline André : « Le contexte sanitaire, s’il impose des difficultés pratiques, n’altère en rien mon processus créatif »

17 juillet 2020 | PAR Cloe Assire

C’est en Afrique Equatoriale française que la créatrice Adeline André voit le jour avant de rejoindre la capitale métropolitaine en vue d’étudier la mode au sein de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne. Elle se forme aux côtés de Dali mais aussi de Marc Bohan pour Dior avant de lancer sa marque éponyme en 1980. Sa pièce phare ? Le vêtement à trois emmanchures. C’est en 2005 qu’elle pénètre le monde restreint de la Haute Couture en poursuivant en parallèle la création de costumes pour l’opéra ou le théâtre. Aujourd’hui, nous la rencontrons à distance – pandémie oblige – dans le cadre de sa nouvelle collection présentée en ligne via le calendrier officiel de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode.

Quels ont été les défis à surmonter pour vous, Adeline André, dans le contexte du confinement ?

L’indisponibilité et l’absence de la clientèle n’ont pas rendu les choses aisées, d’autant que l’atelier fut fermé pendant le confinement.

La pandémie vous a-t-elle amenée à réfléchir sur le rôle de la mode, et plus précisément sur le rôle de la Haute Couture ?

Concernant le rôle de la mode, il me semble que cette pandémie est à mettre en relation avec une inquiétude globale concernant l’avenir de la planète, la pollution que l’Humanité engendre et en particulier l’industrie textile. L’implication de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode à engager des actions dans le but de réduire l’impact environnemental – notamment en favorisant la relocalisation des usines en France – m’apparaît tout à fait remarquable. 

Pour vous, la Haute Couture est-elle plus proche du monde de la mode ou de celui de l’art ?

La Haute Couture n’étant pas soumise aux impératifs de la commercialisation du prêt-à-porter, elle laisse ainsi davantage de libertés aux couturiers pour assouvir leur quête de beauté en se concentrant sur des modèles uniques réalisés sur commande et sur mesure pour une clientèle privilégiée : en somme, tout l’inverse du gaspillage. La Haute Couture est donc plus proche de l’art, non seulement pour cette notion de liberté, mais aussi par le charme, le bien-être, insufflé aux clients et clientes en valorisant leur personnalité par le biais d’un modèle unique. 

Pourriez-vous nous parler de votre processus créatif habituel et des potentielles différences entraînées par le contexte sanitaire ?

Le contexte sanitaire, s’il impose des difficultés pratiques, n’altère en rien mon processus créatif qui peut s’épanouir en toutes circonstances. Depuis toujours, la base de mon travail est de n’utiliser que des matériaux 100% laine, coton, cachemire, soie, le tout sans accessoire pour la plupart et donc aisément recyclables.

Quelle place a tenu votre pièce culte – le vêtement à trois emmanchures – dans cette collection ?

Le modèle à trois emmanchures est présent dans toutes mes collections – celle-ci ne fait pas exception – avec des modèles homme et femme.

La vidéo de présentation de la collection s’apparente à un théâtre silencieux. Pouvez-vous nous en parler ?

Il est intéressant de réaliser une collection avec les contraintes d’un pays, d’un monde «en guerre contre le virus» : un espace réduit, des petits mannequins portant des vêtements sur mesure furent ma réponse à cette situation. Istvan Dohar a réalisé le décor et mis en scène ces mannequins en leur donnant une irréalité, un détachement, un mystère, par l’optimisation de l’espace et le doute grâce à l’échelle.

Les robes semblent miniatures, nous rappelant la collection proposée par Maria Grazia Chiuri pour Dior à partir du Théâtre de la Mode. Y aurait-il une inspiration commune ?

Quand j’ai dessiné et réalisé ces modèles, je me suis souvenue de la magnifique exposition «Le Petit Théâtre de la Mode» à l’Ucad, mais mon inspiration était ailleurs.

Comment envisagez-vous la suite désormais ?

Bien que le futur soit incertain, nous vivons une époque très intéressante avec des changements positifs, où l’imagination, le savoir-faire qui est le nôtre, les directions nouvelles que nous devons envisager peuvent nous permettre de construire un avenir meilleur.

Crédits : service de presse d’Adeline André

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