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Les fleurs de cerisiers en berne : Kenzo Takada s’est envolé

Les fleurs de cerisiers en berne : Kenzo Takada s’est envolé

04 octobre 2020 | PAR Cloe Assire

On aimait Kenzo Takada – et nous continuerons de l’aimer – pour la vie qu’il insufflait à la mode, pour ce vent de fraîcheur qui avait le don d’égayer chacune de ses créations. Pourtant, en ce dimanche 4 octobre, la Covid-19 aura eu raison de ce japonais ayant bouleversé la mode au point de faire partie de son Histoire. 

Kenzo Takada arrive à Paris en 1965 et fait donc partie de la première génération de créateurs japonais à venir en Europe pour tout changer. Mais avec lui, il n’est pas question de silhouettes noires et dépouillées, symboles du misérabilisme, qui feront la gloire quelques années plus tard de Yohji Yamamoto ou Rei Kawakubo. Ses créations sont ludiques et viennent briser la tristesse des garde-robes. Au noir, au blanc et au gris se succéderont ainsi le rouge, le jaune, le vert et le violet. Quoi de mieux pour séduire dans les années 70 celles qui veulent à tout prix se démarquer de leurs mères à une époque où la société de consommation prend son essor ?

Mais c’est surtout à coups d’imprimés que Kenzo Takada régnera sur Paris. En all-over, fleurs et carreaux cohabitent aussi bien avec les rayures que les pois. Chaque vêtement se voit ainsi devenir une juxtaposition de motifs comme autant de références culturelles à l’origine d’histoires inédites, renvoyant à une époque, une culture, une tradition. Kenzo fut donc l’artiste qui donna ses lettres d’or au métissage, sachant parfaitement manier des éléments semblant hétéroclites, nous invitant ainsi à explorer ce monde varié qu’il aimait tant. Aucune culture, aucun folklore ne fut laissé de côté par ce créateur ô combien curieux, avide de soirées, de culture urbaine, de sport, de cinéma et de tout ce qui pouvait toucher aux arts en général. Fleurs, oiseaux, plantes, rivières qui ornaient auparavant les textiles traditionnels japonais se sont ainsi vus modernisés par leur association à des formes nouvelles, empreintes de poésie.

Femmes, hommes, enfants et maison ont été les supports de ces différents métissages. Si chaque collection est différente, il est indéniable que Kenzo Takada aura réussi à rendre tangible son amour de la vie en présentant chacune de ses créations avec une gaieté inimitable qui, encore aujourd’hui, nous pousse à nous parer de multiples couleurs, un grand sourire aux lèvres.

Visuels : Par michell zappa — edited from Kenzo Takada & Helô, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5610146

Une playlist qui se raconte des histoires
Le rêve d’un homme ridicule de Fédor Dostoïevski à l’Épée de bois
Cloe Assire

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