Mode

Kimhékim : le maximalisme à son paroxysme

Kimhékim : le maximalisme à son paroxysme

22 octobre 2019 | PAR Cloe Assire

Au cours de la Paris Fashion Week, la maison Kimhékim fit sensation en présentant sa collection printemps-été 2020 au Garage Lübeck. Fondée en 2014 par le coréen Kiminte Kimhékim, formé entre le Studio Berçot et la prestigieuse marque Balenciaga, cette récente griffe signa le défilé coup de cœur de la rédaction ! Retour sur une ligne vestimentaire audacieuse, tendance et excessivement talentueuse.

Démarche rapide, corps longilignes, cheveux noirs de jais, fronts masqués par des franges rigides, lunettes de soleil sombres : les femmes de Kimhékim semblent tout droit venues d’un film de Luc Besson. Le port de tête est haut et le regard droit, déterminé pour des femmes indépendantes et on ne peut plus séduisantes. Le décor est industriel, laissé à l’état brut avec un sol en béton.

Mais qu’en est-il des vêtements ? A l’heure où Jacquemus miniaturise ses accessoires, en particulier le devenu célèbre Chiquito,  Kimhéhim utilise le même processus de perte de fonction par le biais de… l’agrandissement ! Décidément, l’anti-design semble avoir de nombreux adeptes dans l’industrie de la mode. Cependant, alors que  l’univers de Jacquemus est très coloré, inspiré de la Provence française, celui de Kiminte se définirait plutôt par un contraste entre le noir et blanc avec un camaïeu de gris, parfois interrompu par des teintes pastels. 

Le défilé, intitulé « Me », est d’ailleurs agrémenté d’objets originaux, attisant notre curiosité. En effet, la première mannequin défila en jeans, escarpins noirs, t-shirt blanc avec…une perfusion ! Nombreuses furent celles agrippées à des perches à selfie. Le concept ? S’adresser à tous ceux en manque d’attention qui devraient prendre du recul, médicalement si nécessaire, dans le but de prendre soin d’eux. L’un des slogans n’est autre que  « Buy it if you can ». Un air de taquinerie plane donc au 22 rue Lübeck mais cette collection, par sa démesure formelle, semble être le lieu où les rêves viennent à la vie. Les vêtements de base sont issus de notre quotidien, à la fois confortables tout en renvoyant à une sorte d’uniforme de la working girl dans l’imaginaire collectif : cravates, chemises blanches, tailleurs, escarpins, etc.

Les textiles demeurent ceux associés à ces coupes classiques. L’unique différence réside dans la dimension. Les pantalons traînent au sol, les cravates descendent jusqu’aux pieds, les épaules des vestes affaissées et les nœuds extrapolés. Un détail particulièrement séduisant réside dans l’application des étiquettes de la marque de manière visible, créant un mouvement intéressant lorsqu’elles sont par exemple à moitié tenues sur des cuissardes.

Ainsi, Kiminte Kimhékim se place dans la tendance du Maximalism sans pour autant tomber dans le cliché : ses choix sont justes, pesés et visuellement séduisants tout en suivant le fil conducteur de son concept et de son univers.

Crédits : Dessins réalisés par Cloé Assire à l’aide de Fashionary selon deux silhouettes du défilé Kimhékim SS20

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Cloe Assire

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