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Entre Paris et Beyrouth, la robe de Rabih Kayrouz virevolte !

Entre Paris et Beyrouth, la robe de Rabih Kayrouz virevolte !

27 juillet 2020 | PAR Cloe Assire

Fondée en 1999, il faudra vingt ans à Rabih Kayrouz pour que sa maison obtienne l’appellation tant convoitée qu’est la « Haute Couture ». Il lui faudra cependant moins d’une année pour se voir confrontée au défi d’une présentation en ligne, en l’occurrence par le biais d’une vidéo – à découvrir ici – réalisée par Nasri Sayegh dont le rôle fut de sublimer non pas une collection mais…une robe !

La créatrice néerlandaise Iris Van Herpen a elle aussi fait le choix de ne dévoiler au public qu’une pièce, « Transmotion« , dans le but d’explorer davantage un concept plutôt qu’un vêtement. De son côté, le créateur libanais Rabih Kayrouz revient sur son histoire et sur celle de sa maison de couture avec une création unique baptisée « 320/38 » dont les deux numéros renvoient en fait à deux adresses – l’une en France et l’autre au sein du pays du cèdre – 38 Boulevard Raspail à Paris et 320 rue Gouraud à Beyrouth. 

Tout commence par une esquisse au rythme des notes d’un piano avec, pour toile de fond, la capitale libanaise. Viennent ensuite deux mains, l’une jeune, l’autre plus ridée, travaillant ensemble un textile inexistant avant que d’autres « petites mains » parisiennes prennent le relai, cette fois à partir de cordes et rubans mandarine. 230 heures de confection seront nécessaires pour aboutir à la robe « 320-38 » requérant une importante minutie ce que le court-métrage d’un peu plus de cinq minutes prend soin de dévoiler. La structure est architecturale, les cordes semblent créer une armature rigide autour du buste Stockman. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque la robe prit son envol, virevoltant autour du corps gracieux de la modèle et danseuse Yousra Mohsen ! Ainsi, les ondulations élaborées avec soin s’élargissent librement, tournoient, s’ouvrent comme la corolle d’une fleur, épousant avec confort chacun des mouvements de celle qui porte ce savoir-faire exceptionnel empreint de racines tant orientales qu’occidentales. Le dessin de ce vêtement s’inspire indéniablement de ce que le couturier cherche à développer depuis deux saisons : cette fois, il put enfin se concentrer pleinement sur l’élaboration de ce treillis ô combien complexe, puisque ne reposant sur aucun textile.

La maison Rabih Kayrouz a fait un juste choix en décidant de créer une passerelle entre Paris et Beyrouth, de revenir à ses racines afin de relater une histoire, à distance, par le biais d’une robe qui ne peut que séduire par son incroyable mouvement dont nous fûmes métaphoriquement privés pendant le confinement. La fin du court-métrage semble en effet faire écho à cette période lorsque Yousra Mohsen se filme avec son téléphone tandis que la présence du poisson rouge du studio nous fait pénétrer dans l’intimité de la création et de la Haute Couture pour notre plus grand plaisir.

Crédits : captures d’écran réalisées à partir de la vidéo de Nasri Sayegh pour la collection Haute couture Online de Maison Rabih Kayrouz

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Cloe Assire

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