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« Les Noces de Cana », en même temps au Louvre et à Venise

« Les Noces de Cana », en même temps au Louvre et à Venise

04 mars 2015 | PAR Constance Delamarre

Le 11 septembre 1797, Napoléon faisait décrocher le tableau de Véronèse  Les Noces de Cana du monastère de San Giorgio Maggiore à Venise, pour l’installer au Louvre. 210 ans plus tard, en 2007, le tableau retrouve étrangement sa place originale, tout en restant aux côtés de Mona Lisa…

Le nom d’Adam Lowe se trame sous cette affaire. Cet artiste anglais a en effet reproduit l’oeuvre du vénitien sans qu’aucun ne puisse reconnaître la copie de l’original. Pour comprendre ce tour de passe passe, il faut se rendre à Madrid, dans son atelier Factum Arte, où œuvres de plusieurs millénaires et copies en création se côtoient. Artistes et informaticiens travaillent main dans la main pour préserver les chefs-d’œuvre du monde entier, en accord avec les musées.

C’est ainsi qu’en étroite relation avec le Musée du Louvre, Les Noces de Cana ont d’abord été scannées au laser 3D par petites sections, puis analysées par un logiciel de traitement d’image, nous explique le reportage diffusé sur Télématin le 02/12/2014 sur Factum Arte. Dans l’atelier espagnol, la texture a ensuite été travaillée avec minutie, avant que les pigments soient déposés par une imprimante sur la même matière que l’oeuvre originale. Ce travail de dématérialisation puis de reproduction à échelle réelle aura duré neuf mois, avant que le fac-similé soit révélé au public.

Les nouvelles technologies se mettent donc au service de l’art, et permettent notamment de rendre aux Italiens l’oeuvre qu’ils avaient tristement perdue. Le tableau de Véronèse est bien à Paris, mais son âme est à Venise, comme le dit Nicolaes Delesalle dans Télérama. Tout le monde sait que ce n’est qu’une copie, mais l’émotion de voir Les Noces de Cana sur le mur pour lequel elles ont été créées en 1563, est bien vraie.

Aujourd’hui, la copie détient presque plus de valeur que l’original, ne touchant pas autant les visiteurs du Louvre que les Vénitiens au monastère. Factum Arte, qui a également copié-collé des fresques du Caravage, des peintures de Leonard de Vinci ou la tombe de Toutankhamon en 2011, est donc devenu en quelques années spécialiste de la réplique d’art, afin que les œuvres qui commencent à se détériorer de part leur exposition, puissent être rendues éternelles.

Visuel © KennyS2468

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Constance Delamarre

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