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AFP condamnée pour des photos prises sur Twitter

AFP condamnée pour des photos prises sur Twitter

21 janvier 2013 | PAR Justine Braive

Les médias se tournent de plus en plus vers les réseaux sociaux pour obtenir les toutes premières images d’un événement. Mais est-il légal qu’un média utilise une photo postée sur Twitter?

La réponse a été donnée il y a une semaine par la justice américaine. Celle-ci a condamné l’AFP pour avoir utilisé sans autorisation une photo piratée sur Twitter.

Au moment du tremblement de terre d’Haïti, il y a trois ans, des clichés avaient été pris par un photographe haïtien indépendant, Daniel Morel. Celui-ci a longtemps travaillé pour Associated Press, la plus grande agence de presse au monde. Selon une information dévoilée par les Inrocks, il est l’une des rares personnes à avoir pu prendre des images des premières heures de la catastrophe. En moins de quinze minutes, il réussit à prendre une dizaine de clichés. Il s’empresse alors de les partager sur Twitpic, site qui permet aux utilisateurs de mettre des photos en ligne facilement sur le réseau Twitter. Il crée également un compte Twitter, intitulé « photoMorel » où il y poste le lien vers son compte Twitpic. Les internautes s’emparent alors immédiatement des photos extrêmement frappantes. Lisandro Suero fait partie de ces internautes. Mais celui-ci va pas bien loin, il ne se contente pas de partager ces photos rares. Selon Numerama, il en vient à proposer aux différentes agences de presse d’acheter ces « précieux » clichés en prétendant que c’est lui qui les a pris. L’AFP trouve ainsi le moyen de récupérer des photos qui feront à coup sûr la une des journaux et n’hésite pas à les utiliser en créditant les photos du nom de Lisandro Suero.

Mais le photographe haïtien, auteur des clichés, se réveille et souhaite faire valoir ses droits. L’AFP ne voulant rien entendre, allant même jusqu’à poursuivre Daniel Morel devant les tribunaux, finit par être elle-même assignée en justice, par le photographe.  Les deux parties avaient une interprétation totalement opposée des conditions générales d’utilisation de Twitter. L’AFP affirme que les photos, une fois postées, sont exploitables par tout le monde. Quant au photographe, il juge que sa photo est protégée par le copyright. D’autant plus qu’en réalité, ses photos n’ont jamais été postées sur Twitter mais sur Twitpic dont le règlement impose de respecter le droit d’auteur, rappelle les Inrocks.

La justice lui a donné gain de cause, considérant que les photos peuvent être utilisées et échangées par les internautes mais pas par une agence de presse lorsqu’elle en fait une utilisation commerciale. Il faudrait l’autorisation du photographe pour commercialiser les photos. «L’issue de cette affaire aura des incidences pour tous ceux qui utilisent les réseaux sociaux et pour la pratique du journalisme sur Internet» a indiqué l’avocate du photographe haïtien, au quotidien The Australian.

Reste à déterminer le montant des dommages et intérêts qui seront alloués à l’auteur véritable des clichés.

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