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AAron Swartz, génie du Web, s’est suicidé

AAron Swartz, génie du Web, s’est suicidé

15 janvier 2013 | PAR Justine Braive

Génie du web discret, AAron Swartz s’est donné la mort vendredi dernier dans son appartement de Brooklyn. Cette jeune figure du Web, à peine âgé de 26 ans, devait comparaître le 1er avril devant la justice. Ses proches accusent la justice américaine d’en être en partie responsable.

Alors que le monde numérique n’en a souvent que pour Mark Zuckerberg, le Web vient de perdre un révolutionnaire de  l’informatique. Le génie d’Arron Swartz s’est exprimé dès son plus jeune âge. Premier site web à l’âge de 13 ans, il collabore une année après à la création du format RSS permettant de mettre à jour automatiquement le contenu d’un site web.  Il soutient ensuite la création de Creative Commons, organisation à but non lucratif qui a pour dessein de faciliter la diffusion et le partage des œuvres. Cette initiative favorisera la libéralisation de la culture sur Internet. Mais Aaron ne s’arrête pas là. Il crée également le site de partage Reddit l’année dernière.

Cependant, Aaron n’est pas un « simple geek », c’est aussi un militant. Fondateur de l’association Demand Progress, il s’est battu contre les projets de loi sur le droit d’auteur pour favoriser le libre partage des connaissances et de l’information.

Cette soif de partager le savoir l’a conduit en 2008 à jouer le « hacker » en piratant la base de données de la Cour fédérale américaine. Il souhaitait récolter les millions de documents de justice et en disposer gratuitement alors qu’il fallait débourser quelques centimes pour télécharger ces pages. Des poursuites avaient alors été lancées contre lui mais rapidement abandonnées.

Quelques années après, le jeune homme lance une opération de même nature. Cette fois-ci, il ne s’attaque pas aux documents conservés par le monde judiciaire mais à des articles scientifiques.  Cette seconde opération ne se déroulera pas sans heurts. En juillet 2011, la vie de l’activiste a basculé. La justice américaine l’accuse d’avoir volé des millions d’articles scientifiques et littéraires à une plate-forme payante de téléchargement d’articles universitaires, JSTOR. Pour récolter toutes ces informations, Aaron avait caché un ordinateur dans un placard du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT)!

La machine judiciare s’emballe. Le procureur du Massachusetts retient sur le plan pénal 13 chefs d’accusation contre l’informaticien, dont vol, fraude informatique et accès illégal à des informations protégées. Le jeune prodige risque d’encourir une peine de 35 ans de prison et un million de dollars d’amende.

Selon la famille, « la mort d’Aaron n’est pas une tragédie personnelle, c’est le fruit d’un système judiciaire qui a dépassé les bornes. Les décisions prises par la justice du Massachusetts et le MIT ont contribué à sa mort ».

Il ne faut pas non oublier que l’activiste était aussi un grand dépressif. Sur son propre blog, Aaron écrivait alors en 2007, « la dépression est comme ça, elle débarque sans raison. Sortir prendre l’air ou faire un câlin avec une personne aimée ne vous aide pas à aller mieux. Seulement plus en colère d’être incapable de ressentir le bonheur qui semble envahir tout le monde autour de vous. Tout semble coloré par la tristesse ».

Depuis l’annonce de sa mort, plusieurs hommages ont été rendus. Ainsi, Jacques Attali a écrit sur Twitter que le suicide d’Aaron Swartz était « une perte immense ». Quant à Anonymous, leur hommage est fidèle à leur activité. Ils ont piraté le site du MIT pour publier le message suivant « Ce drame met en lumière la disproportion des peines prévues par la législation américaine contre les crimes informatiques. Oui, les actions d’Aaron étaient sans aucun doute passibles de l’activisme politique ; mais elles ont eu des conséquences tragiques ». Mais le plus bel hommage restera sans doute celui rendu par de nombreux scientifiques qui ont publié leurs articles normalement payants et qui les ont partagés sur Twitter.

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