Spectacles

Une ouverture coup de poing pour le Festival théâtral du Val d’Oise

Une ouverture coup de poing pour le Festival théâtral du Val d’Oise

04 novembre 2015 | PAR Christophe Candoni

Lundi soir, à Herblay, le Festival théâtral du Val d’Oise lançait sa 33e édition avec Après coups projet Un-femme, une proposition musclée de Séverine Chavrier dans laquelle deux performeuses affrontent et s’affranchissent de la violence du monde. Avec une force combative et l’énergie du désespoir, elles affichent envers et contre tout leur liberté d’expression et exhortent à se battre.

Une paire de gants de boxe rouge vif sur fond noir formant un cœur… l’affiche tendre et brute de la nouvelle édition du festival est aussi éloquente que l’uppercut reçu par les spectateurs face à la création de Séverine Chavrier en résidence avec sa compagnie La Sérénade Interrompue au Théâtre Roger Barat de Herblay pendant trois ans.

La metteure en scène et musicienne propose de faire se rencontrer deux destins de femmes-artistes aux histoires et parcours biographiques très différents. Née en Ouzbékistan, Natacha Kouznetsova a été ballerine russe pendant les dernières heures de l’URSS tandis que la circassienne Victoria Martinez vient d’Argentine. Elles ont connu les temps tourmentés de la dictature, l’oppression et la rigueur. La scène les libère de ce joug. Sans artifice, elles se livrent intimement sur un plateau nu éclairé d’une lumière froide. Niaque et fragilité mêlées, elles sont d’une beauté et d’une puissance magnétiques.

Séverine Chavrier fait un théâtre hybride et organique où les corps paraissent comme traversés d’une électricité spasmique, un théâtre de mots, où la parole est dissociée du geste, un théâtre d’images et de sons qui se télescopent et imposent une forme d’inconfort visuel et auditif qui soutient parfaitement le propos. Un théâtre choc, donc, déroutant et percutant, fait de bruit et de fureur pour paraphraser William Faulkner qu’elle monte par ailleurs. Son adaptation des Palmiers sauvages sera bientôt accueillie au Théâtre de l’Odéon.

Fidèle à son ambitieuse mission de production et de diffusion de spectacles vivants sur son vaste territoire départemental, le Festival théâtral du Val d’Oise va proposer pendant un mois et demi une large offre de propositions artistiques variées et exigeantes mêlant, à l’image de son spectacle de lancement, les formes et les disciplines. Plus de trente spectacles dont un tiers de créations se donneront dans 70 structures et s’adresseront au plus grand nombre, bien sûr accompagné d’actions culturelles et pédagogiques. Parmi les plus attendus, la nouvelle création de Joël Pommerat, ça ira (1) Fin de Louis à Pontoise, la reprise des Sorelle Macaluso d’Emma Dante à Sartrouville ou Un Obus dans le cœur de Wajdi Mouawad à Cormeilles.

Le Festival Théâtral du Val d’Oise, du 2 novembre au 16 décembre 2015. Photo © Patrick Berger

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III).Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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