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Les métamorphoses de Julien Salaud

Les métamorphoses de Julien Salaud

04 novembre 2015 | PAR La Rédaction

Par Anne-Sophie Bruttmann 

Julien Salaud est né en 1977, vit et travaille à Orléans. Julien Salaud est une découverte bouleversante. Rien ne prédestine jamais à tomber amoureux d’une œuvre.

La vie est souvent hasard : en effet, si on aime les vanités, surtout contemporaines, si on aime les collectionner (en images) fait que de fil en aiguille, on tombe sur une œuvre de Julien Salaud. Et c’est ainsi qu’on rencontre les animaux empaillés de l’artiste. Ils parlent du temps qui passe, de la mort qui va et vient. Julien à l’œuvre, collant plumes et perles sur des têtes d’animaux « taxidermés », fascine : son regard bleu est aussi perçant que celui des fameux animaux sur lesquels il travaille. Son œuvre est précieuse comme un bijou.

A peine éclos, cerfs, oiseaux, renards… par essence nés proies, courent à leur perte. La vie transitoire est voilée sous les fils tissés autour des œuvres, fil d’Ariane, fil de l’araignée, fil de « Maman » (on pense à Louise Bourgeois, à la naissance, à l’accouchement, à la délivrance). Les installations participent de la construction, de l’idée de permanence tout en dénonçant la fragilité de la vie.

Difficile aussi de ne pas penser aux installations de Shiaru Chiota et ses cordelettes noires ou rouges, qui évoquent aussi bien les camps nazis que Hiroshima et Nagasaki ; ces artistes peuvent se revendiquer de Boltanski, Messager ou encore Jan Fabre. Guerre, mémoire, souvenirs.

Où est-on, sinon dans le labyrinthe du temps, dans un fil qui s’apparente à un petit pan de mur jaune ou une mélodie de Vinteuil, à des souvenirs déchirants qui renvoient à la guerre ou la disparition. L’étrangeté, la fragilité participent de l’éphémère tout en appelant la force, la résistance, face à l’opposant, le terroriste.

Julien est un amoureux de la nature, il ne prémédite pas son « message. » Il a abandonné des études scientifiques pour l’art ; mais ses années de science ne l’empêchent pas de donner à voir le sacré dans ses installations, dans un panthéisme certain, où, dixit Spinoza, rien ne peut exister ni être conçu en dehors de Dieu.

Qu’il ne soit pas à la Fiac cette année nous met face à la cécité des dirigeants, et renvoie aussi au Salon des Refusés.

représenté par la galerie Suzanne Tarasiève.
http://2013.suzanne-tarasieve.com/artist/julien-salaud/

en cours : Fleuve Céleste, à Saumur, visible jusqu’en 2017
http://www.ackerman-fontevraud.com/

LILLE 3000 – RENAISSANCE
Le Tripostal Lille
Hospice d’Havré Tourcoing
http://www.lille3000.com/

GUERRIER TRAVERSIE?RE (CHEVRETTE AU CRA?NE), 2015

Visuel : Plume de faisanes, taxidermie de chevrette, cra?ne de corneille, colle
50 x 90 x 50 cm
(19 5/8 x 35 3/8 x19 5/8 in.)
Photo: Olivier Toggwiler

Héritier de Houdini et David Copperfield, Enzo l’insaisissable redonne au spectateur son âme d’enfant.
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La Rédaction

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