Arts
Un océan de fils pour le sensuel « Fleuve Céleste » de Julien Salaud à Saumur

Un océan de fils pour le sensuel « Fleuve Céleste » de Julien Salaud à Saumur

29 mai 2015 | PAR Bérénice Clerc

La superbe Abbaye de Fontevraud et la Maison Ackerman s’unissent pour créer une résidence d’artistes et offrir la force et la fragilité du gigantisme des caves aux pierres uniques loin de la lumière où l’eau vécut. « Fleuve Céleste » de Julien Salaud traverse l’espace en un mouvement perpétuel, où l’œil balaye l’émotion et les fils tirent des histoires visibles, sensitives et personnelles. L’œuvre est visible pendant trois ans, une belle occasion de visiter les caves, l’Abbaye et la belle région de Saumur.

 La Maison Ackerman et l’Abbaye de Fontevraud imaginent un partenariat pour offrir à leurs visiteurs de l’art et permettre à des artistes de créer en toute liberté avec les limites d’une cave.

Un appel à projet, des jurys engagés et passionnés se réunissent et sélectionnent un artiste qui pourra rendre son œuvre visible pendant trois ans.

Julien Salaud, artiste aux œuvres demandées dans le monde entier, repéré au Salon de Montrouge, puis au Quai Branly et au Palais de Tokyo, la beauté et la puissance de son travail ne cesse de faire voyager les chanceux spectateurs.

L’abbaye de Fontevraud est un lieu magnifique, chaque espace extérieur et intérieur est à visiter.

Pénétrer dans la cave de la Maison Ackerman est déjà un voyage. Le noir devient lumière, les bruits sourds des pas ralentissent les battements des cœurs, les sens sont de plus en plus en éveil, l’émotion devient disponible. Chaque pore de la peau ne le sait pas encore mais il va se prendre l’œuvre de la tête aux pieds et vibrer de l’intérieur.

Une odeur d’enfance, le passé revient, le temps perdu, la pierre douce, froide, la cave géante pour cocon, support extrêmement difficile à apprivoiser. Julien Salaud s’est offert à l’insubmersible, il gravit la montagne souterraine, sort l’histoire du livre d’images avec puissance et l’élégance de ceux qui vous font rêver à la simplicité apparente de réalisation de l’œuvre.

Pas un bruit, la chute d’un cil pourrait résonner sur le gravier, des fils blancs pour le ton, bleus pour les yeux, tendus, éclairés de lumière noire. L’espace explose, l’immensité déchire le réel, chaque centimètre raconte, tisse, poissons, oiseaux, fumoir à poissons, cuisines, poissons volants, poissons chat, homme poisson,   accessoires, libellules, héron, tourbillon d’eau…Une première couche, un voile pour mieux donner à voir notre imaginaire. Un bestiaire magique où rencontrer son propre animal et apprivoiser les autres. Des centaines de lectures sont possibles, il reste à vivre, appréhender l’espace comme un enfant découvre le monde, tombe et se relève pour marcher, courir, rire, s’émerveiller, aimer et tenter de ne pas avoir peur de la lumière ou des ombres inconscientes.

« Fleuve Céleste » rend les clous, les fils et la lumière sensuels, inattendus, un océan graphique vous caresse, dentelle légère, fragile, vive et puissante, fleuve et faune s’offrent avec amour, surprise et poésie. Loin, proche, tout est pareil, tout est différent, un ballet pariétal et spectaculaire où chaque regard petit ou grand circulera avec douceur et  trouvera la vie et les images à sa hauteur, celle de l’universel.

L’installation de Julien Salaud est à vivre pendant trois ans, une immanquable rencontre avec l’immensité de son travail où l’infiniment petit et le puissant gigantisme se croisent avec délice pour le plaisir de chacun.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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